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    <title><![CDATA[Climat sceptique]]></title>
    <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/</link>
    <description>Vous croyez au mythe du réchauffement climatique et à ses nombreuses légendes ?
Ce site vous fera changer d'avis. </description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Thu, 26 Aug 2010 20:09:36 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 26 Aug 2010 20:09:36 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2013 climat-sceptique.over-blog.com</copyright>            <category>Hi Tech</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Sapere Audere !]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-19023126.html</link>        <description><![CDATA[Chers lecteurs,<br>
  <br>
  L’absence de mise à jour de ce site s’explique pour deux raisons : d’une part, j’ai désormais trop peu de temps pour m’en occuper avec la régularité requise ; d’autre part, l’expérience de ces
  quatre dernières années m’a montré que la littérature climatique offre finalement très peu d’avancées réelles dans la compréhension du climat. De nombreux articles paraissent, les plus alarmistes
  sont sélectionnés par les médias dominants, les autres sont soigneusement cachés à l’opinion publique, mais aucun n’apporte de toute façon d’arguments décisifs sur la réalité et l’ampleur du
  réchauffement à venir.<br>
  <br>
  Loin de moi l’idée que les milliers de chercheurs engagés dans la recherche sur le climat font un travail inutile : simplement, qu’il s’agisse d’observations ou de modélisations, ce travail ne peut
  progresser que très lentement. Il se heurte toujours à la nature complexe du système étudié, à la dimension chaotique de certains de ses éléments, à l’absence dramatique de données empiriques
  fiables ayant la profondeur requise pour contraindre les modèles. Au fond, malgré les dizaines de milliards de dollars investis dans cette recherche à l’échelle planétaire, nous n’avons toujours
  pas réellement validé avec un degré raisonnable de certitude ou de robustesse les hypothèses de base nées dans les années 1970 et ayant guidé la modélisation. C’est dire que la patience et la
  prudence, deux qualités essentielles de la recherche, sont toujours de mise.<br>
  <br>
  Le brouhaha à dominante catastrophiste concernant les affaires climatiques est entretenu par ceux qui y trouvent un intérêt économique ou idéologique : les médias, les groupes de pression, certains
  Etats, le monde industriel et financier voyant dans la gestion du carbone et l’énergie propre un nouvel Eldorado. Je persiste donc dans le constat initial de ma démarche, celui d’un fossé énorme
  entre les conclusions réelles de la recherche scientifique, pleines d’interrogations et d’incertitudes, et la manipulation massive de l’opinion publique mondiale, faites d’affirmations péremptoires
  et de chantage à la peur.<br>
  <br>
  Pour ceux qui restent lucides et en tiennent à une analyse rationnelle de nos connaissances, nous en sommes toujours au même point :<br>
  • le réchauffement global observé depuis plus d’un siècle est modéré, il montre une sensibilité climatique au CO2 relativement faible, sans doute dans les fourchettes basses de celles proposées par
  le GIEC ;<br>
  • les incertitudes fondamentales, notamment sur le rôle du soleil, le comportement des océans, sur les aérosols, sur la vapeur d’eau et sur la nébulosité ne seront levées que très lentement par la
  recherche et la modélisation ;<br>
  • il y a fort à parier que la simple observation du climat d’ici 2020 contraindra de manière importante les réponses que nous attendons, puisque l’hypothèse d’une forte sensibilité climatique au
  CO2 devra se traduire par une hausse soutenue des températures. Et inversement, bien sûr.<br>
  <br>
  Au grand dam des catastrophistes, ces dernières années (depuis 2000) ont vu un réchauffement faible ou nul, malgré l’augmentation des émissions de CO2 et la baisse des émissions d’aérosols, deux
  facteurs conjugués qui auraient dû provoquer au contraire une hausse continue des températures globales. La réalité est décidément plus sceptique que certains de ses observateurs… Cela suggère
  fortement que la variabilité chaotique du climat, à base océanique, et sans doute aussi l’influence solaire sont sous-estimés ou mal calculés par les modèles actuels. On voit d’ailleurs fleurir
  depuis quelques mois des articles suggérant qu’un doublement du CO2 ne devrait pas se traduire par une hausse plus forte que 1 à 2 K, soit un réchauffement très acceptable pour l’humanité. On
  constate aussi que la communauté scientifique connaît des divisions de plus en plus évidentes et que le mythe du « consensus du GIEC » a vécu. Le dernier rapport de cette institution (2007) a été
  aussi vivement critiqué par les chercheurs « alarmistes » que par les chercheurs « sceptiques ». Au-delà des prises de position politiques ou médiatiques des uns et des autres, on en revient peu à
  peu au régime normal de la science : la confrontation des hypothèses et des prédictions divergentes. La bulle médiatique du réchauffement climatique va exploser, ou plus probablement imploser car
  l’humanité se trouvera peu à peu d’autres problèmes, et des problèmes bien plus réels cette fois.<br>
  <br>
  Dans le même temps, nous avons connu et connaissons encore une hausse considérable du coût de l’énergie fossile, surtout le gaz et le pétrole, rendant les scénarios 2100 du GIEC de moins en moins
  crédibles – pour ceux qui accordaient la moindre crédibilité à l’exercice intellectuel consistant à prolonger sur un siècle le comportement collectif des sociétés industrielles modernes. L’énergie
  fossile devient rare et chère, ce qui justifie avec ou sans conséquence climatique l’implantation accélérée des énergies alternatives. Et l’on constate au passage que les mesures soit disant
  inspirées par le principe de précaution, comme la conversion rapide de surface agricole vers les biocarburants, alimentent rapidement des crises environnementales, économiques et alimentaires
  insoupçonnées. L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Mais là aussi, nous verrons bien plus clair en 2020, c’est-à-dire demain.<br>
  <br>
  D’ici là et jusqu’à nouvel ordre, je maintiens ce site ouvert car l’essentiel des synthèses proposées reste valable, notamment la critique du rapport AR4 GIEC/IPCC de 2007, mais aussi toutes les
  critiques d’articles scientifiques parus entre 2004 et 2007. Les lecteurs objectifs pourront constater que le débat scientifique est loin d’être clos. Les autres ne changeront rien à leurs
  croyances. Peu m’importe : les croyances n’ont jamais fait progresser le monde, et c’est de connaissances dont nous avons besoin pour comprendre et maîtriser ensemble notre avenir. Si d’aventure un
  article fondamental venait à paraître dans le domaine des sciences climatiques, c’est-à-dire un article mettant au jour un phénomène non pris en compte ou un article réduisant de manière
  significative les incertitudes mentionnées plus haut, j’en ferai bien sûr le commentaire.<br>
  <br>
  Mon dernier conseil sera emprunté au philosophe Emmanuel Kant, dont la devise était : Sapere Audere ! Oser savoir en utilisant sa raison critique, c'est le fondement de notre modernité, cela reste
  la condition de son avenir.<br>
  <br>
  Bonne lecture.<br>
  <br>
  <div style="text-align: right;">
    Charles Muller<br>
  </div><br>
  <br>
  Post scriptum : la bonne parole sceptique survit sans peine à la tentative d’étouffement alarmiste en de nombreux autres lieux qu’ici. Pour les francophones, je vous conseille vivement le détour
  sur <a href="http://skyfall.free.fr/">Skyfall</a> ou sur <a href="http://www.pensee-unique.fr/index.html">Pensée unique</a>. Pour les anglophones, les blogs de <a href=
  "http://www.climateaudit.org/">S. McIntyre</a>, <a href="http://climatesci.colorado.edu/">R. Pielke Sr</a>, <a href="http://www.worldclimatereport.com/">P. Michaels</a> ou l’équipe de <a href=
  "http://www.co2science.org/">CO2 Science</a> délivrent une veille scientifique très utile.<br>]]></description>
        <pubDate>Thu, 24 Apr 2008 18:36:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d205134d1364be7584b119684435ce72</guid>
                        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-19023126-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Influences solaires sur le climat]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7322742.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Deux travaux r&eacute;cents montrent que la signature solaire sur le climat est anormalement &eacute;lev&eacute;e si l&rsquo;on prend comme seul crit&egrave;re les variations de son rayonnement (irradiance totale) ramen&eacute;es au sommet de l&rsquo;atmosph&egrave;re, comme le fait le GIEC dans ses bilans radiatifs. Ces recherches ne sont pas isol&eacute;es : depuis quelques ann&eacute;es, plusieurs travaux ont sugg&eacute;r&eacute; que les mod&egrave;les sous-estiment syst&eacute;matiquement l&rsquo;influence solaire (quand ils la prennent en compte) et que l&rsquo;irradiance totale n&rsquo;est sans doute pas la seule grandeur pertinente pour comprendre l&rsquo;&eacute;volution de notre climat. Plus que jamais, on peut douter de la robustesse et de la vraisemblance des conclusions actuelles des mod&egrave;les. Apr&egrave;s trente ans d&rsquo;un carbocentrisme ne produisant plus grand chose d&rsquo;autre que des fourchettes impossibles &agrave; r&eacute;duire, la recherche climatique va-t-elle enfin se pencher plus s&eacute;rieusement sur d&rsquo;autres pistes ? Il serait temps. Encore faudrait-il que les cr&eacute;dits allou&eacute;s &agrave; cette recherche soient de nouveau consacr&eacute;s &agrave; une compr&eacute;hension plus fondamentale du fonctionnement du climat, ce qui n&rsquo;est gu&egrave;re le cas en France&hellip;</span><br /><br />Charles D. Camp et Ka Tit Tung (D&eacute;partement des math&eacute;matiques appliqu&eacute;es de l&rsquo;Universit&eacute; de Washington) ont recherch&eacute; la signature des cycles solaires dans les donn&eacute;es du climat. Rappelons que l&rsquo;activit&eacute; &eacute;lectromagn&eacute;tique de notre &eacute;toile n&rsquo;est pas r&eacute;guli&egrave;re (on parlait voici encore une ou deux d&eacute;cennies &agrave; tort de la &laquo; constante &raquo; solaire), mais conna&icirc;t des cycles quasi-p&eacute;riodiques de 11 ans passant dans cette p&eacute;riode d&rsquo;un maximum &agrave; un minimum d&rsquo;activit&eacute;. L&rsquo;irradiance totale mesur&eacute;e par satellite depuis 1978 varie d&rsquo;environ 0,07 % au sein d&rsquo;un cycle de 11 ans, soit environ 0,9 W/m<sup>2</sup>. Rapport&eacute;s &agrave; la Terre (en tenant compte de sa sph&eacute;ricit&eacute; et de l&rsquo;alb&eacute;do), les cycles solaires repr&eacute;sentent donc des variations de for&ccedil;age d&rsquo;environ 0,2 W/m2 au sommet de l&rsquo;atmosph&egrave;re.<br /><br />Camp et Tung ont recherch&eacute; l&rsquo;influence de ces variations cycliques en prenant les r&eacute;analyses NCEP-NCAR de la temp&eacute;rature de surface entre 1959 et 2004. Comme ils le remarquent, &laquo; le signal du cycle solaire est d&eacute;j&agrave; apparent dans les donn&eacute;es brutes &raquo;, avec une corr&eacute;lation de 0,47 significative &agrave; 98,4 % de confiance. Une r&eacute;gression &agrave; la moyenne des deux s&eacute;ries donne un signal de 0,18 K (+/- 0,1) par W/m<sup>2</sup> de variation d&rsquo;irradiance. Les deux chercheurs ont ensuite filtr&eacute; les donn&eacute;es pour obtenir des moyennes composites de temp&eacute;rature correspondant aux phases de maxima et de minima solaires. La corr&eacute;lation est plus forte (0,64) et le signal identique (0,18 K). <br /><img width="500" height="354" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/camp1.jpg" /><br />Concernant la signature spatiale, l&rsquo;influence solaire est amplifi&eacute;e an Antarctique et surtout en Arctique (sch&eacute;ma ci-dessus, en haut &agrave; gauche r&eacute;partition par latitude). Elle est globalement plus forte dans l&rsquo;H&eacute;misph&egrave;re Nord. On retrouve donc les caract&eacute;ristiques du r&eacute;chauffement moderne, ce qui n&rsquo;est &eacute;videmment pas de nature &agrave; simplifier les d&eacute;tections-attributions de ce r&eacute;chauffement. Le point int&eacute;ressant est que les mod&egrave;les de circulation g&eacute;n&eacute;rale GCM incluant la physique solaire (la moiti&eacute; environ des mod&egrave;les GIEC, les autres l&rsquo;ignorent) donnent un signal solaire de cycle &agrave; cycle d&rsquo;environ 0,10 K, soit 50-70 % seulement de la valeur identifi&eacute;e par Camp et Tung.<br /><br />Nicola Scafetta et Bruce J. West, dont nous avons d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; les travaux ici (<a target="_blank" href="http://www.climat-sceptique.com/article-2405045.html">entretien</a> avec N. Scafetta), se sont &eacute;galement pench&eacute;s sur la signature solaire dans le climat r&eacute;cent, mais avec une tout autre m&eacute;thode. Les chercheurs ont d&eacute;velopp&eacute; un mod&egrave;le ph&eacute;nom&eacute;nologique thermodynamique pour retrouver l&rsquo;influence solaire sur le climat depuis 400 ans. Ils ont pris deux reconstructions de temp&eacute;rature : l&rsquo;une (Mann 2003) montre une faible variation en dehors du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle (c&rsquo;est un succ&eacute;dan&eacute; de la fameuse <a target="_blank" href="http://www.climat-sceptique.com/article-2166837.html">&laquo; crosse de hockey &raquo;</a>), l&rsquo;autre (Moberg 2005) restitue au contraire des amplitudes plus marqu&eacute;es aux XVIIe, XVIIIe et XIX<sup>e</sup> si&egrave;cles. Scafetta et West ont &eacute;galement utilis&eacute; deux reconstructions s&eacute;culaires de l&rsquo;irradiance solaire totale, celles de Lean 2000 et de Wang 2005, la premi&egrave;re donnant une hausse d&rsquo;irradiance plus prononc&eacute;e.<br /><img width="396" height="499" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/scafetta1.jpg" /><br />Quel est le r&eacute;sultat de ce travail ? La meilleure corr&eacute;lation est obtenue avec les courbes montrant une forte variation des temp&eacute;ratures (Moberg 2005) et une faible variation d&rsquo;irradiance solaire (Wang 2005), comme le montre le sch&eacute;ma ci-dessus. Le sch&eacute;ma rappelle au passage deux ph&eacute;nom&egrave;nes bien connus des lecteurs de ce site (mais bien peu rappel&eacute;s dans la litt&eacute;rature du GIEC ou ses comptes-rendus m&eacute;diatiques), &agrave; savoir que l&rsquo;activit&eacute; solaire du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle est forte et qu&rsquo;elle est plus forte dans la seconde moiti&eacute; de ce si&egrave;cle, les cycles 21, 22 et 23 (ann&eacute;es 1980-2000) &eacute;tant les plus actifs des 400 ans. Il en r&eacute;sulte selon le mod&egrave;le de Scafetta et West que le soleil pourrait &ecirc;tre responsable d&rsquo;environ 50 % (au moins) du r&eacute;chauffement observ&eacute; depuis 1900. Cette valeur est un peu plus &eacute;lev&eacute;e si l&rsquo;on prend pour l&rsquo;activit&eacute; solaire r&eacute;cente la base ACRIM de Willson et al. plut&ocirc;t que la base PMOD de Fr&ouml;hlich et al. (Rappel : ces deux bases composites extraient le signal d&rsquo;irradiance mesur&eacute; par satellite depuis 1978 ; mais elles diff&egrave;rent &agrave; la suite d&rsquo;un &laquo; trou &raquo; dans les donn&eacute;es et de m&eacute;thodes divergentes pour le combler ; la base PMOD ne trouve pas de hausse d&rsquo;irradiance depuis 1980, la base ACRIM trouve un l&eacute;ger surcro&icirc;t d&rsquo;activit&eacute; entre les cycles 21-22 et 22-23). Par ailleurs, les chercheurs ont utilis&eacute; leur mod&egrave;le pour analyser le temps de relaxation de signal solaire (c&rsquo;est-&agrave;-dire le d&eacute;lai du climat pour int&eacute;grer une variation d&rsquo;irradiance et revenir &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre). Celui-ci s&rsquo;&eacute;tablit entre 6 et 12 ans selon la reconstruction choisie.<br /><br />Le point notable de ces deux travaux est que des variations faibles du soleil semblent avoir un effet prononc&eacute; sur le climat. La reconstruction de Wang 2005 donne par exemple un for&ccedil;age solaire 1750-2000 d&rsquo;environ 0,12 W/m<sup>2</sup> seulement (contre 1,6 W/m<sup>2</sup> pour le CO2 &agrave; titre d&rsquo;exemple). Or, dans la physique actuelle des mod&egrave;les, un tel d&eacute;s&eacute;quilibre radiatif au sommet de l&rsquo;atmosph&egrave;re n&rsquo;est pas susceptible de donner la r&eacute;ponse observ&eacute;e sur les temp&eacute;ratures soit au sein des cycles (Camp et Tung), soit &agrave; travers les si&egrave;cles (Scafetta et West). Bref, il manque un ou plusieurs m&eacute;canismes physiques dans la mod&eacute;lisation climatique. Lesquels ? <br /><br />Plusieurs pistes sont sugg&eacute;r&eacute;es dans un excellent ouvrage de synth&egrave;se dirig&eacute; par Y. Calisessi, R.M. Bonnet, L. Gray, J. Langen et M. Lockwood, consacr&eacute; aux liens entre variabilit&eacute; solaire et climats plan&eacute;taires. Il s&rsquo;agit de la reprise d&rsquo;un num&eacute;ro sp&eacute;cial des <span style="font-style: italic;">Space Science Reviews</span> paru en 2006 (125, 1-4). Le premier axe de recherche concerne l&rsquo;influence de l&rsquo;irradiance spectrale, et non pas totale : on sait en effet que l&rsquo;essentiel des variations de rayonnement solaire se tient dans les spectres UV et XUV, et non pas dans le visible ou l&rsquo;infra-rouge. Ces variations spectrales sont suceptibles d&rsquo;influencer le climat &agrave; travers la chimie de l&rsquo;ozone et de la vapeur d&rsquo;eau, le couplage de la stratosph&egrave;re et de la troposph&egrave;re, les ondes plan&eacute;taires (dites de Rossby) et les vortex polaires. Un second axe de recherche concerne l&rsquo;influence du flux solaire total (corr&eacute;l&eacute; &agrave; l&rsquo;irradiance) sur le rayonnement cosmique et la formation des nuages &agrave; diff&eacute;rentes latitudes (pour une introduction au sujet, voire notre entretien avec H. Svensmark http://www.climat-sceptique.com/article-5654147.html). Ces domaines sont en cours d&rsquo;exploration, et aucun n&rsquo;est pour le moment inclu dans les mod&egrave;les climatiques utilis&eacute;s pour simuler le XX<sup>e</sup> si&egrave;cle ou projeter le XXIe si&egrave;cle. Comme nous l&rsquo;avons signal&eacute; plus haut, la moiti&eacute; des GCM utilis&eacute;s par le GIEC n&rsquo;int&egrave;gre m&ecirc;me pas de variabilit&eacute; solaire : c&rsquo;est-&agrave;-dire que les courbes pr&eacute;sent&eacute;es au grand public n&rsquo;ont pas grand chose &agrave; voir avec le climat r&eacute;el de notre plan&egrave;te&hellip;<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Que peut-on en conclure ?</span><br />- La courbe des temp&eacute;ratures modernes montre depuis le XVII<sup>e</sup> si&egrave;cle une bonne corr&eacute;lation avec les variations d&rsquo;irradiance solaire.<br />- Les variations d&rsquo;irradiance totale semblant assez faibles au sein d&rsquo;un cycle ou entre les cycles, mais leur signature est pourtant clairement lisible sur les climatologies. Il est probable que l&rsquo;influence solaire sur le climat &eacute;chappe au calcul choisi par le GIEC et ses mod&egrave;les (bilan radiatif global int&eacute;gr&eacute; au sommet de la troposph&egrave;re).<br />- Outre les effets directs de l&rsquo;irradiance globale (et de sa r&eacute;partition spatiale), le soleil influe probablement le climat par des effets indirects, notamment le rayonnement UV (couplage troposph&egrave;re-stratosph&egrave;re et ondes plan&eacute;taires) et la modification des flux de rayonnement cosmique.<br />- La meilleure conjecture pour expliquer les observations semble une sensibilit&eacute; climatique forte au soleil (mais pas n&eacute;cessairement au CO2, qui n&rsquo;intervient pas sur les m&ecirc;mes longueurs d&rsquo;onde) et une inertie thermique relativement faible des oc&eacute;ans (donc une r&eacute;ponse rapide du climat).<br />- Tant que le niveau de compr&eacute;hension scientifique du lien soleil-climat sera &laquo; faible &raquo; (selon l&rsquo;AR4 2007 du GIEC) et tant que les mod&egrave;les climatiques n&rsquo;incluront pas une physique compl&egrave;te de l&rsquo;influence solaire, aucune conclusion &laquo; robuste &raquo; ou &laquo; vraisemblable &raquo; ne peut &ecirc;tre tir&eacute;e sur les causes du r&eacute;chauffement moderne (depuis 1750), du r&eacute;chauffement r&eacute;cent (depuis 1950) et sur la pente de ce r&eacute;chauffement pour le si&egrave;cle &agrave; venir.<br />- Cela devrait bien s&ucirc;r &ecirc;tre rapport&eacute; aux citoyens et aux d&eacute;cideurs sous une forme claire : &laquo; Nos mod&egrave;les ne savent pas encore reproduire de mani&egrave;re satisfaisante l&rsquo;influence slaire sur le climat &raquo;. Qu&rsquo;un constat aussi simple soit aujourd&rsquo;hui aussi difficile &agrave; formuler et &agrave; entendre indique assez combien de pressions non scientifiques p&egrave;sent sur la recherche climatique. <br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences</span><br />Calisesi, Y., Bonnet, R.-M., Gray, L., Langen, J., Lockwood, M. (ed.) (2007), <a target="_blank" href="http://www.springer.com/east/home/astronomy?SGWID=5-123-22-173696961-0"><span style="font-style: italic;">Solar Variability and Planetary Climates</span></a>, Space Sciences Series ISSI, 23, Springer. <br />Camp,. C. D., K. K. Tung (2007), Surface warming by the solar cycle. as revealed by the composite mean difference projection, Geophys. Res. Lett., 34, L14703, doi: 10.1029/2007GL030207<br />Scafetta N., B.J. West (2007), Phenomenological reconstructions of the solar signature in the Northern Hemisphere surface temperature records since 1600, J. Geophys. Res., 112, DS4S03, doi:10.1029/2007JD008437.&nbsp;]]></description>
        <pubDate>Mon, 24 Dec 2007 14:45:21 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">890e7f26073b18ed42898fbdc8a7c788</guid>
                <category>Soleil et rayonnement</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7322742-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Sensibilité climatique : ça baisse, ça baisse]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7320058.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">La sensibilit&eacute; climatique d&eacute;signe l&rsquo;&eacute;volution des temp&eacute;ratures &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre en situation de doublement CO2, lorsque toutes les r&eacute;troactions climatiques &agrave; ce doublement ont &eacute;t&eacute; int&eacute;gr&eacute;es. Cela r&eacute;pond &agrave; la question : que se passerait-il en surface si nous passions de 270 ppm CO2 (1750) &agrave; 540 ppm (futur) et que nous laissions ensuite le climat r&eacute;agir pour retrouver son &eacute;quilibre ? Le rapport GIEC 2007 a donn&eacute; sa version : entre 2,0 et 4,5&deg;C avec env. 3&deg;C comme meilleure estimation. Ce qui fait une sensibilit&eacute; climatique de 0,8 K/W/m<sup>2</sup> environ. Mais voil&agrave;, deux nouveaux travaux sugg&egrave;rent que cette valeur devrait &ecirc;tre diminu&eacute;e d&rsquo;un facteur 2, voire plus. Ce qui impliquerait une hausse mod&eacute;r&eacute;e des temp&eacute;ratures de surface dans le si&egrave;cle &agrave; venir. Quelques explications (que vous ne lirez jamais dans <span style="font-style: italic;">Lib&eacute;ration, Le Monde, Le Figaro</span>...)</span><br /><br />Dans un papier r&eacute;cent (critique <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-7220684.html" target="_blank">ici</a>), Gerald H. Roe et Marcia B. Baker ont rappel&eacute; que les mod&egrave;les progressent tr&egrave;s peu depuis trente ans dans la diminution de la fourchette d&rsquo;incertitude de cette sensibilit&eacute;. Et que l&rsquo;on ne peut exclure que sa valeur r&eacute;elle se situe en dehors de cette fourchette. C&rsquo;est ce que sugg&egrave;rent deux travaux nouveaux et ind&eacute;pendants, concluant &agrave; une sensibilit&eacute; climatique beaucoup plus faible que les valeurs habituellement avanc&eacute;es.<br /><br />Petr Chylek (Laboratoire national de Los Alamos, Etats-Unis), Ulrike Lohmann (Institut des sciences de l&rsquo;atmosph&egrave;re et du climat, Zurich, Suisse) et leurs coll&egrave;gues ont travaill&eacute; sur les derni&egrave;res ann&eacute;es (depuis 2000) pour obtenir une contrainte empirique de la sensibilit&eacute; climatique. Depuis l&rsquo;&eacute;ruption du Pinatubo (1991), le volcanisme a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s mod&eacute;r&eacute;. Le soleil conna&icirc;t des cycles tr&egrave;s comparables depuis 1980. La concentration de m&eacute;thane est stable depuis le d&eacute;but des ann&eacute;es 2000, apr&egrave;s que la hausse se soit ralentie depuis les ann&eacute;es 1990. Les principaux for&ccedil;ages &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre sont donc le gaz carbonique c&ocirc;t&eacute; positif, les a&eacute;rosols c&ocirc;t&eacute; n&eacute;gatif. La situation pr&eacute;sente est donc &laquo; id&eacute;ale &raquo; pour essayer d&rsquo;examiner leurs effets sur les temp&eacute;ratures de surface. La hausse du niveau atmosph&eacute;rique de CO2 est bien mesur&eacute;e, de m&ecirc;me que son effet radiatif (environ 0,027 W/m<sup>2</sup> / an, pour 1,9 ppmv/an de moyenne r&eacute;cente). Pour les a&eacute;orosols, Chylek et al. ont utilis&eacute; les derni&egrave;res donn&eacute;es des radiom&egrave;tres (MISR et AVHRR), qui sont remarquablement convergentes pour l&rsquo;&eacute;volution de leur profondeur optique (AOD) depuis 2000 : -0,0014/an ou -0,0014/an. Cette valeur a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e pour d&eacute;duire leur effet radiatif direct et indirect (0,036W/m<sup>2</sup>). La valeur est positive (bien que les a&eacute;rosols refroidissent en contribuant &agrave; refl&eacute;ter plus de rayonnement solaire entrant) car les observations r&eacute;centes ont conclu &agrave; la baisse des &eacute;missions totales d&rsquo;a&eacute;rosol (voir nos articles sur le &quot;global brightening&quot; <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-5719223.html " target="_blank">ici</a> et <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-2460712.html" target="_blank">ici</a>), ce qui est donc confirm&eacute; par la baisse de leur &eacute;paisseur optique dans l&rsquo;atmopsh&egrave;re. <br /><br />Au total, les ann&eacute;es r&eacute;centes auraient connu un for&ccedil;age de 0,063 W/m2/an, ce qui conduit &agrave; une sensibilit&eacute; climatique empirique de 0,29-0,48 K/W/m<sup>2</sup> (+/- 0,12). C&rsquo;est deux &agrave; trois fois moins que la valeur moyenne des mod&egrave;les du GIEC. C&rsquo;est en revanche comparable &agrave; la valeur obtenue par les mod&egrave;les de circulation g&eacute;n&eacute;rale coupl&eacute;s &agrave; des mod&egrave;les de r&eacute;solution des nuages (Miura 2005, Wyant 2006). Cela signifie qu&rsquo;un doublement CO2 pourrait se traduire par une hausse des temp&eacute;ratures de surface de 1,07 &agrave; 1,77&deg;C (par rapport &agrave; 1750). C&rsquo;est &eacute;videmment tr&egrave;s faible. Le tableau ci-apr&egrave;s indique les estimations de la sensibilit&eacute; climatique empirique selon diverses estimations de flux de chaleur dans les oc&eacute;ans (qui mod&egrave;rent plus ou moins le signale sur les temp&eacute;ratures de surface).<br /><img width="500" height="130" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/chylek1.jpg" /><br />Comme le rappelle ce tableau, les oc&eacute;ans sont habituellement suppos&eacute;s &laquo; retarder &raquo; le signal du r&eacute;chauffement de surface en emmagasinant une bonne part de la chaleur en surcro&icirc;t. Ce point est adress&eacute; par le papier de Stephen E. Schwartz (division des sciences de l&rsquo;atmosph&egrave;re et de l&rsquo;envronnement du Laboratoire national Brookhaven, Etats-Unis). Autant l&rsquo;atmosph&egrave;re s&rsquo;ajuste tr&egrave;s rapidement aux for&ccedil;ages (sa sensibilit&eacute; est quasi-imm&eacute;diate), autant les oc&eacute;ans ont une r&eacute;ponse plus lente. Une analyse du d&eacute;s&eacute;quilibre &eacute;nerg&eacute;tique de la Terre suppose donc une estimation du contenu de chaleur des oc&eacute;ans et du temps que mettent les temp&eacute;ratures de surface &agrave; s&rsquo;ajuster au transfert d&rsquo;une partie de cette chaleur vers l&rsquo;atmosph&egrave;re. A partir des donn&eacute;es oc&eacute;aniques 1880-2004, Schwartz obtient pour ces deux grandeurs 14 W/m<sup>2</sup>/K/an (+/6) et 5 ans (+/- 2). Cette derni&egrave;re valeur signifie que l&rsquo;inertie thermique de l&rsquo;oc&eacute;an serait faible et que les temp&eacute;ratures de surface s&rsquo;ajusteraient rapidement aux for&ccedil;ages. La sensibilit&eacute; climatique &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre d&eacute;duite par Schwartz est de 0,30 K W/m<sup>2</sup> (+/- 0,14). A nouveau tr&egrave;s faible (environ 1,1 K +/- 0,5 pour un doublement CO2), mais compatible avec la fourchette obtenue par l&rsquo;&eacute;quipe de Chylek et par d&rsquo;autres m&eacute;thodes.<br /><br />Ces travaux apportent-ils le dernier mot &agrave; la question complexe de la sensibilit&eacute; climatique ? Sans doute pas. Le papier de Schwartz a d&rsquo;ailleurs suscit&eacute; des commentaires critiques de Annan et al.&nbsp; Mais ces papiers d&eacute;montrent que l&rsquo;incertitude physique la plus importante concernant l&rsquo;avenir climatique est loin d&rsquo;&ecirc;tre tranch&eacute;e et que des valeurs bien plus faibles que pr&eacute;vues sont d&eacute;sormais envisag&eacute;es comme hypoth&egrave;ses de travail par les chercheurs. Plus que jamais, le &laquo; consensus &raquo; des scientifiques sur le climat est une illusion bureaucratique entretenue par une d&eacute;sinformation m&eacute;diatique.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences</span><br />Chylek, P. et al. (2007), Limits on climate sensitivity derived from recent satellite and surface observations, J. Geophys. Res., doi:10.1029/2007JD008740.<br />Miura, H. et al. (2005), A climate sensitivity test using a global cloud resolving model under an aqua planet condition, Geophys. Res. Lett., 32, L19717, doi:10.1029/ 2005GL023672. <br />Schwartz S. E. J. (2007), Heat capacity, time constant, and sensitivity of Earth's climate system, J. Geophys. Res., D24S05, doi:10.1029/2007JD008746.<br />Wyant, M., M. Khairoutdinov, et C. Bretherton (2006), Climate sensitivity and cloud response of a GCM with a superparameterization, Geophys. Res. Lett., 33, L06714, doi:10.1029/2005GL025464.]]></description>
        <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 18:45:34 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">8dad7f71b8ebfb6b3f243025ce355d33</guid>
                <category>Les modèles et leurs limites</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7320058-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les leçons de Carl Wunsch]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7319929.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Professeur &agrave; la chaire Cecil et Ida Green du MIT (Massachusetts Institute of Technology), Carl Wunsch est une autorit&eacute; mondiale en mati&egrave;re d&rsquo;oc&eacute;anographie physique. Dans deux textes r&eacute;cents, il met en avant les carences consid&eacute;rables des mod&egrave;les actuels et appelle ses coll&egrave;gues des sciences du climat &agrave; plus d&rsquo;humilit&eacute; et de prudence dans l&rsquo;interpr&eacute;tation des r&eacute;sultats de ces mod&egrave;les. Cela n&rsquo;emp&ecirc;chera pas bien s&ucirc;r la section alarmiste de l&rsquo;internationale climatologique de se pavaner devant les m&eacute;dias en brandissant la derni&egrave;re simulation 2100 en date. Mais au moins les esprits rationnels commencent-ils &agrave; mesurer que la mascarade du r&eacute;chauffement a &eacute;t&eacute; un peu trop loin sur des bases un peu trop fragiles.</span><br style="font-weight: bold;" /><br /><img width="152" height="154" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/wunsch_bowie_medal.jpg" alt="" class="GcheTexte" />Le premier texte de Carl Wunsch est un bilan de notre compr&eacute;hension de la circulation oc&eacute;anique, paru dans une livraison de synth&egrave;se de l&rsquo;American Geophysical Union. Wunsch commence par mettre en garde le lecteur contre les simplifications en usage sur le &laquo; grand tapis roulant &raquo; de la circulation oc&eacute;anique thermohaline (d&eacute;termin&eacute;e par la chaleur et la salinit&eacute;, donc) redistribuant lentement et s&ucirc;rement la chaleur &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle du globe. L&rsquo;arr&ecirc;t brutal de ce tapis roulant, par exemple par des d&eacute;charges d&rsquo;eau fra&icirc;che lors des &eacute;pisodes glaciaires, est cens&eacute; expliquer de nombreuses &eacute;volutions climatiques rapides comme les &eacute;v&eacute;nements de Heinrich ou de Dansgaard-Oeschger au cours du dernier glaciaire. Plus g&eacute;n&eacute;ralement, on guette le &laquo; ralentissement du Gulf Stream &raquo; en craignant que l&rsquo;Europe nordique et occidentale perde sa douceur. Al Gore et Hollywood en ont fait des films, c&rsquo;est dire que la chose est s&eacute;rieuse&hellip;<br /><br style="font-weight: bold;" /><span style="font-weight: bold;">Oublier Hollywood, revenir &agrave; la science</span><br /><br />Cette image est simple et populaire mais, pr&eacute;vient Carl Wunsch, elle ne repose sur quasiment rien. Car nous sommes loin de simuler de mani&egrave;re pr&eacute;cise la circulation m&eacute;ridienne de renversement (MOC, Medirional Overturning Circulation, nom donn&eacute; &agrave; la circulation thermohaline) et de r&eacute;pondre au d&eacute;tail des questions pos&eacute;es par nos sp&eacute;culations sur les climats futurs et pass&eacute;s. Comment l&rsquo;eau fra&icirc;che issue de la fonte perturbe le gyre subpolaire ? Est-elle confin&eacute;e aux r&eacute;gions de marge des courants ? Comment modifie-t-elle les propri&eacute;t&eacute;s locales des couches m&eacute;lang&eacute;es et &agrave; quelle vitesse est-elle mix&eacute;e lat&eacute;ralement / verticalement sur les 100 premiers m&egrave;tres ? Comment les &eacute;changes convectifs sont-ils modifi&eacute;s et comment d&eacute;s&eacute;quilibrent-ils dans le temps et l&rsquo;espace la densit&eacute; et la salinit&eacute; de l&rsquo;eau ? La variation des flux de masse se traduit-elle simplement par des variations correspondantes d&rsquo;&eacute;changes m&eacute;ridiens de chaleur et avec quelle amplitude selon les zones ? Comment tous ces &eacute;v&eacute;nements vont-ils r&eacute;troagir localement / globalement avec les glaces de mer et avec l&rsquo;atmosph&egrave;re ? Etc. <span style="font-style: italic;">&laquo; La repr&eacute;sentation et la mod&eacute;lisation physiques de tous ces domaines existent, </span>note Wunsch<span style="font-style: italic;">, mais on ne sait pas grand chose des performances des mod&egrave;les dans le temps. Une erreur dans un seul de ces &eacute;l&eacute;ments peut en venir &agrave; dominer et &agrave; ruiner une projection &raquo;.</span> Exemples : une simple erreur de 1% dans le contenu de chaleur oc&eacute;anique du flux transport&eacute; vers le p&ocirc;le &agrave; 26&deg;N ou une simple variation verticale de 0,2&deg;C entre ce flux montant et le flux descendant sur une colonne verticale de 1000 m peuvent repr&eacute;senter autant que le signal entier du r&eacute;chauffement anthropique.<br /><br />Faut-il rappeler que m&ecirc;me aujourd&rsquo;hui, nos observations du comportement des diff&eacute;rentes couches oc&eacute;aniques sont encore tr&egrave;s lacunaires ? Et que pour les pal&eacute;oclimats, on ne dispose souvent que de quelques proxies locaux diss&eacute;min&eacute;s dans l&rsquo;immensit&eacute; oc&eacute;anique ? Cela n&rsquo;emp&ecirc;che pas certains chercheurs de sp&eacute;culer bruyamment sur l&rsquo;&eacute;tat des oc&eacute;ans en 2100 sur la base d&rsquo;une comparaison avec les m&ecirc;mes oc&eacute;ans voici 125 000 ans, l&rsquo;opinion publique ignorant bien s&ucirc;r la somme incroyable de simplifications n&eacute;cessaire pour ce genre de calcul (par exemple Rohling 2007, chouchou r&eacute;cent de la presse &agrave; scandale du climat r&eacute;chauff&eacute; pour son annonce d&rsquo;une hausse du niveau des mers plus importante que pr&eacute;vu).<br /><br />Wunsch le souligne au-del&agrave; de la MOC : <span style="font-style: italic;">&laquo; Il y a beaucoup de raisons de penser que la circulation de l'oc&eacute;an a une influence profonde sur le climat ; mais il est douteux que les causes et les cons&eacute;quences de ses changements soient bien comprises. Le message ici n'est pas qu'il n'y a aucun espoir, mais plut&ocirc;t que la d&eacute;finition d'un probl&egrave;me doit &ecirc;tre la premi&egrave;re &eacute;tape pour le r&eacute;soudre et que des conjectures de convenance ne devraient pas &ecirc;tre pr&eacute;matur&eacute;ment transform&eacute;es en &lsquo;faits&rsquo;, pas plus que les ambigu&iuml;t&eacute;s ou les incertitudes ne devraient &ecirc;tre supprim&eacute;es. Parce que le changement climatique et la circulation oc&eacute;anique sont des probl&egrave;mes importants qui conduisent d&eacute;j&agrave; par eux-m&ecirc;mes &agrave; des 'just-so-stories' excitantes et attractives dans les m&eacute;dias grand public -y compris Hollywood- un peu de retenue serait la bienvenue(...) &raquo; </span>L&rsquo;oc&eacute;anographe cite comme exemple la question de la turbulence g&eacute;ostrophique (dite turbulence de m&eacute;so-&eacute;chelle), tr&egrave;s mal simul&eacute;e par les mod&egrave;les actuels alors que l&rsquo;on ignore son poids exact dans les &eacute;changes de chaleur entre couches oc&eacute;aniques et avec l&rsquo;atmosph&egrave;re (voir sur notre site une <a target="_blank" href="http://www.climat-sceptique.com/article-7183386.html">critique</a> comparable du Pr Maxence Revault d&rsquo;Allonnes).<br /><br />La critique de Wunsch concerne aussi les mod&egrave;les de circulation g&eacute;n&eacute;ral (GCM) dont une vingtaine sont couramment employ&eacute;s pour les simulations du GIEC. L&rsquo;oc&eacute;anographe met encore les pieds dans le plat en soulignant ce que les mod&eacute;lisateurs savent bien, mais &eacute;vitent de clamer sur les toits pour ne pas d&eacute;sesp&eacute;rer le d&eacute;cideur et l&rsquo;opinion : <span style="font-style: italic;">&laquo; Tous les mod&egrave;les num&eacute;riques ont des erreurs dont les sources sont vari&eacute;es, incluant une physique tronqu&eacute;e (chimie, biologie), des erreurs dans la repr&eacute;sentation num&eacute;rique des champs continus, dans les conditions initiales et dans les conditions aux limites, des param&eacute;trisations erron&eacute;es aux &eacute;chelles inf&eacute;rieures aux grilles, des fautes de programmation. On sait peu de chose quantitativement sur la magnitude et les effets de ces erreurs sur les solutions, si ce n'est que les erreurs ne disparaissent jamais et qu'elles auront tendance &agrave; s'accumuler. L'accumulation des erreurs dans le temps est importante parce que le &quot;climat&quot; du mod&egrave;le peut devenir juste une somme d'erreurs. &raquo; </span><br /><br />Conclusion du chercheur : <span style="font-style: italic;">&laquo; N&rsquo;importe qui peut &eacute;crire un mod&egrave;le : la difficult&eacute; est de d&eacute;montrer sa validit&eacute; et sa pr&eacute;cision quand il extrapole (&hellip;) Le chemin pour r&eacute;soudre un probl&egrave;me difficile passe par sa reconnaissance et sa d&eacute;finition. Quand des conclusions hypersimplifi&eacute;es sont transform&eacute;es en v&eacute;rit&eacute; (&hellip;), un champ d&rsquo;&eacute;tudes peut &ecirc;tre d&eacute;form&eacute; pendant des d&eacute;cennies avant que sa fondation bancale soit finalement reconnue (&hellip;). Les mod&egrave;les sont extr&ecirc;mement importants et &eacute;clairants, mais une meilleure compr&eacute;hension de leur simulation r&eacute;elle et de leurs capacit&eacute;s pr&eacute;dictives est n&eacute;cessaire &raquo;. </span>Bref, le message de Wunsch &agrave; ses coll&egrave;gues est assez limpide : passez un peu moins de temps &agrave; brandir aux m&eacute;dias votre derni&egrave;re projection pour 2100 ou votre derni&egrave;re simulation du dernier maximum glaciaire, un peu plus de temps &agrave; vous colleter aux vrais probl&egrave;mes, les d&eacute;fauts des observations et de la mod&eacute;lisation que vous pr&eacute;sentez &agrave; ces m&ecirc;mes m&eacute;dias en dissimulant leurs carences. <br /><br />Wunsch, assez lucide, note que ce genre de constat m&egrave;ne &agrave; <span style="font-style: italic;">&laquo; attaquer le messager plut&ocirc;t que le message &raquo;</span>. Il est vrai que la science, processus r&eacute;put&eacute; ouvert et transparent, s'y conna&icirc;t elle aussi en omerta et en pressions plus ou moins discr&egrave;tes sur les d&eacute;viants. Surtout la science du climat dont la popularit&eacute; m&eacute;diatique et l'attention politique ont cr&eacute;&eacute; une sorte de r&eacute;gime d'exception o&ugrave; l'on tol&egrave;re un foss&eacute; croissant entre la grandiloquence des conclusions et l'&eacute;vanescence de leur d&eacute;monstration. <br /><br style="font-weight: bold;" /><span style="font-weight: bold;">Hausse du niveau des mers</span><br /><br />Le second papier de Wunsch est en quelque sorte une application de ces exigences m&eacute;thodologiques &agrave; un sujet faisant couler &eacute;norm&eacute;ment d&rsquo;encre dans les gazettes alarmistes : la hausse du niveau des mers. On ne cesse de r&eacute;p&eacute;ter que les &laquo; records &raquo; de fonte en Arctique et en Antarctique ainsi que les &laquo; records &raquo; de chaleur des dix derni&egrave;res ann&eacute;es rendent cette hausse du niveau des mers inqui&eacute;tante. Certains auteurs comme Hansen ou Jouzel se prennent m&ecirc;me &agrave; critiquer le GIEC comme trop optimiste ou trop en retard sur les donn&eacute;es r&eacute;centes de la recherche. L&rsquo;AR4 2007, rappelons-le, pr&eacute;voit une hausse du niveau des mers de 18 &agrave; 59 cm d&rsquo;ici 2100, une estimation qui n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; dig&eacute;r&eacute;e par les militants du catastrophisme (et par certains chercheurs occupant leur surface m&eacute;diatique gr&acirc;ce la manipulation r&eacute;p&eacute;titive de ce m&ecirc;me catastrophisme, comme Hansen annon&ccedil;ant invariablement l&rsquo;engloutissement possible de la Floride depuis son premier papier&hellip; de 1981).<br /><br />Bref, comme les temp&eacute;ratures de surface stagnent depuis 2001 et n&rsquo;ont jamais atteint le &laquo; record &raquo; (naturel) de 1998, le niveau des mers est la nouvelle coqueluche de proph&egrave;tes de l&rsquo;apocalypse climatique. Manque de chance, les donn&eacute;es satellite disponibles depuis 1993 (missions Topex-Jason-Pos&eacute;idon) contredisent la vulgate dominante : on n&rsquo;observe aucune acc&eacute;l&eacute;ration de la hausse (plut&ocirc;t le contraire m&ecirc;me ces derni&egrave;res ann&eacute;es) au point que l&rsquo;on se demande o&ugrave; passe la &laquo; chaleur exceptionnelle &raquo; (cens&eacute;e dilater les eaux) et les &laquo; fontes exceptionnelles &raquo; (cens&eacute;es alimenter les oc&eacute;ans en eau douce surnum&eacute;raire). (Sch&eacute;ma ci-dessous : <a target="_blank" href="http://sealevel.colorado.edu/">Universit&eacute; du Colorado</a>)<br /><img width="500" height="359" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/sealevelcolorado.jpg" /><br />Reste encore &agrave; savoir si ces donn&eacute;es satellite altim&eacute;triques sont bien calibr&eacute;es. A cet effet, Carl Wunsch et ses co-auteurs ont utilis&eacute; le plus grand nombre de donn&eacute;es disponibles jamais rassembl&eacute;es pour analyser la tendance 1993-2004 : les donn&eacute;es satellite, bien s&ucirc;r, mais aussi les donn&eacute;es de surface (balises XBT et Argo), les donn&eacute;es hydrographiques, les r&eacute;analyses m&eacute;t&eacute;orologiques NCEP/NCAR. Au total, la somme astronomique de 2,11 x 10<sup>19</sup> observations &eacute;t&eacute; int&eacute;gr&eacute;es dans un mod&egrave;le d&rsquo;analyse (ECCO-GODAE, avec une r&eacute;solution de 1x1&deg; et 23 couches verticales). La figure et le tableau ci-dessous donnent les r&eacute;sultats de ce travail.<br /><img width="478" height="271" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/wunsch1.jpg" /><img width="499" height="350" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/wunsch2.jpg" /><br />D&rsquo;une part, on constate que la hausse du niveau es mers est une moyenne arithm&eacute;tique de ph&eacute;nom&egrave;nes locaux tr&egrave;s disparates, avec des hausses et des baisses r&eacute;parties sur tous les bassins. Ces variations r&eacute;gionales montre le bruit important du ph&eacute;nom&egrave;ne et la difficult&eacute; intrins&egrave;que &agrave; en extraire un signal global coh&eacute;rent. <br /><br />D&rsquo;autre part, C. Wunsch et son &eacute;quipe arrivent &agrave; une valeur beaucoup plus conservatrice de hausse de 1,61 +/- 0,07 mm / an entre 1993 et 2004, dont le tiers environ d&ucirc; &agrave; la hausse thermost&eacute;rique et halost&eacute;rique, les deux autres tiers &agrave; la fonte des glaces. C&rsquo;est environ 60% de la valeur habituellement d&eacute;riv&eacute;e des donn&eacute;es satellite seules (environ 3,2 mm/an depuis 1993, 3,36 +/- 0,41 mm/an pour 1993-2007 selon la r&eacute;cente estimation de Beckley 2007). Wunsch et al. n&rsquo;excluent nullement que cette valeur altim&eacute;trique soit correcte, mais signalent seulement que son degr&eacute; de pr&eacute;cision n&rsquo;est pas testable avec les donn&eacute;es in situ disponibles. Et ils concluent : <span style="font-style: italic;">&laquo; Une estimation utilisable des moyennes globales reste extr&ecirc;mement difficile compte-tenu des &eacute;chantillonages dans le temps/l&rsquo;espace et des approximations des mod&egrave;les [d&rsquo;interpr&eacute;tation des donn&eacute;es]. Il est vraisemblable que des erreurs syst&eacute;matiques dominent la plupart des estimations du changement global moyen : les valeurs publi&eacute;es et leurs marges d&rsquo;erreur doivent &ecirc;tre regard&eacute;es avec la plus grande prudence &raquo;.</span><br /><br />Les le&ccedil;ons de Carl Wunsch seront-elles entendues ? Certains de ses bruyants coll&egrave;gues&nbsp; comprendront-ils que l&rsquo;opinion publique va immanquablement m&ucirc;rir, que le temps des annonces en forme de slogan est fini, qu&rsquo;une critique sceptique de plus en plus vigilante et organis&eacute;e interdit d&eacute;sormais les raccourcis et les simplifications dont les ann&eacute;es 1990 et 2000 furent friandes ? Les m&eacute;dias dominants cesseront-ils de se couvrir de ridicule en martelant que le &laquo; d&eacute;bat scientifique du r&eacute;chauffement est clos &raquo;, au m&eacute;pris des &eacute;vidences les plus &eacute;l&eacute;mentaires et des innombrables d&eacute;bats parcourant <span style="font-style: italic;">tous</span> les domaines des sciences du climat ? Bref, quand et comment la pens&eacute;e unique climatique va-t-elle mourir ? La r&eacute;ponse ne saurait tarder...<br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences :</span><br />Beckley B.D. et al. (2007), A reassessment of global and regional mean sea level trends from TOPEX and Jason-1 altimetry based on revised reference frame and orbits, Geoph. Res. Lett., 34, L14608, doi:10.1029/2007GL030002<br />Hansen J. et al. (1981), Climate impact of increasing atmospheric carbon dioxide, Science, 213, 957-966.<br />Rohling E.J. et al. (2007), High rates of sea-level rise during the last interglacial period, Nat. Geosc., online, doi:10.1038/ngeo.2007.28.<br />Wunsch C. (2007), The past and future ocean circulation from a contemporary perspective, in AGU Monograph, 173, A. Schmittner, J. Chiang et S. Hemming (ed.)., 53-74.<br />Wunsch C., R. Ponte, P. Heimbach (2007), Decadal trends in sea level patterns: 1993-2004, J. Clim., &agrave; para&icirc;tre.<br />Les textes peuvent &ecirc;tre t&eacute;l&eacute;charg&eacute;s sur la (tr&egrave;s riche) <a target="_blank" href="http://puddle.mit.edu/~cwunsch/">page</a> de C. Wunsch.]]></description>
        <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 16:59:04 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3e319592923d66b10d96058e0f44a60e</guid>
                <category>Les modèles et leurs limites</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7319929-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Polémique Courtillot : lettre ouverte à deux camarades journalistes]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7315730.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Climat Sceptique a r&eacute;cemment comment&eacute; un travail de Vincent Courtillot et al. sur le lien entre climat et g&eacute;omagn&eacute;tisme. Cet article a depuis fait l'objet d'un commentaire critique d'Edouard Bard et Gilles Delaygue dans la revue de publication (<span style="font-style: italic;">Earth and Planetary Science Letters</span>), soulignant certains biais. Commentaire auquel les auteurs ont r&eacute;pondu. Sur le fond, il convient de relever que les critiques de Bard et Delaygue semblent pertinentes - non que les conclusions de Courtillot et al. soient n&eacute;cessairement fausses, d'ailleurs, mais que la m&eacute;thode para&icirc;t entach&eacute;e par le choix de mauvaises bases climatologiques. Mais nous laissons les chercheurs en d&eacute;battre (et nos lecteurs s'en informer, tous les liens sont &agrave; la fin de cet article), et nous r&eacute;agissons ici sur notre terrain : celui de la forme et de l'information du public. Voici donc une lettre ouverte aux deux journalistes fran&ccedil;ais, S. Huet et S. Foucart.</span><br /><br /><br />Cher Sylvestre Huet, cher St&eacute;phane Foucart,<br /><br />Non je ne suis pas journaliste encart&eacute;, mais oui je connais quelque peu le monde de la communication en g&eacute;n&eacute;ral, celui de la presse en particulier. Aussi me permett&eacute;-je de vous qualifier de &quot;camarades&quot;. <br /><br />Vous consacrez ce jour un long article &agrave; la pol&eacute;mique autour de l'article de Vincent Courtillot et al., pol&eacute;mique n&eacute;e semble-t-il de manoeuvres discr&egrave;tes d'Edouard Bard (au-del&agrave; de son commentaire dans EPSL) et de manoeuvres bruyantes de Raymond Pierrehumbert sur le site Real Climate.<br /><br />Je n'ai rien contre cela, bien s&ucirc;r, vous faites votre travail de journaliste.<br /><br />Mais voil&agrave;, vous le faites s&eacute;lectivement &agrave; mon go&ucirc;t. L'objet de cette lettre ouverte est de vous le dire, de le rappeler &agrave; ceux qui l'auraient oubli&eacute; ou de l'apprendre &agrave; ceux qui l'ignoreraient. Chacun &eacute;tant libre de d&eacute;cr&eacute;ter qui a tort ou raison en l'affaire.<br /><br />En tant que journalistes scientifiques, vous connaissez les tenants et aboutissants de la recherche climatique, et ses nombreux rebondissements depuis quelques ann&eacute;es.<br /><br />Voil&agrave; que vous parlez du soleil et du g&eacute;omagn&eacute;tisme. Fort bien. Mais avant d'en parler dans un cadre pol&eacute;mique qui justifie soudain de longs articles, combien de fois avez-vous expliqu&eacute; &agrave; vos lecteurs, au cours des ann&eacute;es pass&eacute;es, les travaux de Solanki, Usoskin, Svensmark, Shaviv, Pall&eacute;, Veizer, Harrisson... ? Avez-vous &eacute;voqu&eacute; avec autant de d&eacute;tail les analyses sur le global brightening des ann&eacute;es 1980-2000, la nullit&eacute; des mod&egrave;les &agrave; le reproduire, le doute que l'on peut nourrir sur la capacit&eacute; de ces mod&egrave;les &agrave; d&eacute;tecter-attribuer les variations d'un climat &quot;sans nuages&quot; ? Avez-vous comment&eacute; la reconstruction de Wang et Lean donnant les cycles 21 et 22 du soleil comme les plus actifs du XXe si&egrave;cle, celles d'Usoskin ou Solanki donnant le soleil moderne comme le plus actif des 10 000 derni&egrave;res ann&eacute;es ? Avez-vous sans pr&eacute;jug&eacute; &eacute;voqu&eacute; en de longs paragraphes les hypoth&egrave;ses de Svensmark et Shaviv sur les liens entre activit&eacute; solaire, rayonnement cosmique et n&eacute;bulosit&eacute;?&nbsp; <br /><br />Je me trompe peut-&ecirc;tre, mais j'en doute. Vous allez &eacute;ventuellement retrouver dans vos archives un ou deux papiers o&ugrave; l'un de ces th&egrave;mes est rapidement &eacute;voqu&eacute;, o&ugrave; l'un de ces th&egrave;mes est peut-&ecirc;tre pr&eacute;sent&eacute; comme une question &quot;pol&eacute;mique&quot; et &quot;sujette &agrave; d&eacute;bat&quot;. Mais j'attends avec impatience la d&eacute;monstration que vous avez couvert cela de mani&egrave;re objective, d&eacute;taill&eacute;e et ouverte.<br /><br />Voil&agrave; que vous parlez de courbes tronqu&eacute;es. Fort bien. Mais avez-vous jamais expliqu&eacute; &agrave; vos lecteurs le d&eacute;tail de la fameuse &quot;crosse de hockey&quot;, cette courbe qui figurait &agrave; la meilleure place du r&eacute;sum&eacute; pour d&eacute;cideurs de l'AR3 du GIEC en 2001, cette courbe qui a disparu de l'AR4 du GIEC en 2007 et dont les succ&eacute;dan&eacute;s ont &eacute;t&eacute; prudemment refoul&eacute;s dans un chapitre int&eacute;rieur, avec plein d'autres courbes aux pentes bien diff&eacute;rentes ?&nbsp; Avez-vous d&eacute;taill&eacute; comme vous le faites avec Courtillot et al. l'incroyable m&eacute;thodologie des articles de Mann 1998 et Mann 1999, &agrave; l'origine de cette courbe ? Vos lecteurs savent-ils que l'embl&egrave;me du troisi&egrave;me rapport GIEC (&quot;1998, ann&eacute;e la plus chaude du mill&eacute;naire&quot;) r&eacute;sultait de statistiques &eacute;trangement manipul&eacute;es et de proxies &eacute;trangement s&eacute;lectionn&eacute;s, pour rester poli et ne pas manier le proc&egrave;s d'intention aussi ais&eacute;ment que vous le faites ? Avez-vous comment&eacute; en d&eacute;tail les nouvelles courbes du climat des 1000 derni&egrave;res ann&eacute;es, et par exemple pr&eacute;sent&eacute; celle donnant l'Optimum m&eacute;di&eacute;val comme plus chaud que notre fin de XXe si&egrave;cle ? A nouveau, je me trompe peut-&ecirc;tre, mais j'en doute.<br /><br />Je ne vous reproche pas d'avoir vos opinions, bien au contraire.&nbsp; Je ne vous reproche pas plus d'&eacute;voquer en d&eacute;tail la pol&eacute;mique Courtllot, bien au contraire.  Mais je vous en voudrais en revanche de nier plus longtemps vos parti-pris en vous drapant dans la toge d'une objectivit&eacute; ou d'une impartialit&eacute; faisant &eacute;clater de rire toute personne un tant soit peu inform&eacute;e des d&eacute;bats climatiques. Ou bien encore en vous r&eacute;fugiant dans une arithm&eacute;tique tronqu&eacute;e du consensus selon laquelle tous les chercheurs &eacute;tant d'accord, vous refl&eacute;teriez l'&eacute;tat r&eacute;el de la recherche en accordant 95% de votre surface r&eacute;dactionnelle aux travaux d'analyse ou d'observation allant toujours dans le m&ecirc;me sens.<br /><br />En France, il est notoire que nous aimons les pens&eacute;es uniques. Nous en s&eacute;cr&eacute;tons comme nous respirons (mal), le climat ne fait pas exception &agrave; la r&egrave;gle, il la confirme de mani&egrave;re &eacute;clatante. Et cette pens&eacute;e unique, c'est toujours le couple pouvoir-m&eacute;dia qui la produit. C'est-&agrave;-dire vous.<br /><br />Nous connaissons les moeurs humaines, n'est-ce pas, &agrave; toute &eacute;poque et en toute chose il faut des serviteurs et des ma&icirc;tres, et il eut &eacute;t&eacute; &eacute;tonnant que personne ne se pr&eacute;cipit&acirc;t pour servir la soupe &agrave; certains de ces mandarins fran&ccedil;ais trop fiers de compter parmi les hi&eacute;rarques de l'Eglise du GIEC, trop bronz&eacute;s &agrave; force de passer plus de temps sous les projecteurs des m&eacute;dias que sous les n&eacute;ons des labos, trop heureux de renouveler leurs budgets annuels sur la base d'un &eacute;tat d'urgence fantasmatique et d'un amas d'incertitudes transmu&eacute;es en v&eacute;rit&eacute; officielle.<br /><br />Que la farce continue donc entre gens de bonne compagnie, elle m'irrite et voil&agrave; que je deviens inutilement agressif, comme toujours lorsque j'ai le malheur de me pencher sur le traitement m&eacute;diatique des affaires climatiques.<br /><br />Alors sans rancune et bonnes f&ecirc;tes, cher Sylvestre et cher St&eacute;phane. Couvrez-vous bien : il fait assez froid, en ces temps de r&eacute;chauffement sans pr&eacute;c&eacute;dent.<br /><br />Charles Muller<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences</span><br /><a href="http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;_udi=B6V61-4MM8BMG-1&amp;_user=10&amp;_coverDate=01%2F30%2F2007&amp;_alid=655125192&amp;_rdoc=3&amp;_fmt=summary&amp;_orig=search&amp;_cdi=5801&amp;_sort=d&amp;_docanchor=&amp;view=c&amp;_ct=6&amp;_acct=C000050221&amp;_version=1&amp;_urlVersion=0&amp;_userid=10&amp;md5=c092108c0146728a18239b946fa1ed17">Article</a> de Courtillot et al.<br /><a href="http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&amp;_udi=B6V61-4PWKST4-1&amp;_user=5745&amp;_coverDate=10%2F13%2F2007&amp;_alid=655084516&amp;_rdoc=1&amp;_fmt=full&amp;_orig=search&amp;_cdi=5801&amp;_sort=d&amp;_docanchor=&amp;view=c&amp;_ct=6&amp;_acct=C000001358&amp;_version=1&amp;_urlVersion=0&amp;_userid=5745&amp;md5=162bfb375e15af6d9e6f885d047f8d25">Commentaire</a> de Bard et Delaygue<br /><a href="http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-991405,0.html">Article</a> du <span style="font-style: italic;">Monde</span> (S. Foucart)<br /><a href="http://www.liberation.fr/transversales/futur/298894.FR.php">Article</a> de <span style="font-style: italic;">Lib&eacute;ration</span> (S. Huet)<br /><a href="http://www.realclimate.org/index.php/archives/2007/12/les-chevaliers-de-l%e2%80%99ordre-de-la-terre-plate-part-ii-courtillots-geomagnetic-excursion/langswitch_lang/fr">Article</a> de Real Climate (R Pierrehumbert)]]></description>
        <pubDate>Wed, 19 Dec 2007 21:30:21 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">975552172b0cca9838d83164d18d67f7</guid>
                <category>Actualités / Brèves</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7315730-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Plantes, forêts et CO2]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7261733.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Deux &eacute;tudes r&eacute;cemment parues montrent que le soja, le bl&eacute; et le riz b&eacute;n&eacute;ficient bel et bien de gains de productivit&eacute; importants en milieu CO2 enrichi, contrairement &agrave; de r&eacute;centes assertions en sens contraire, et que les for&ecirc;ts soumises aux m&ecirc;mes conditions d&rsquo;enrichissement en gaz carbonique ne souffrent pas de carence en azote.</span><br /><br />En 2006, une &eacute;tude avait fait grand bruit dans les m&eacute;dias : elle annon&ccedil;ait que l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration de la croissance v&eacute;g&eacute;tale due &agrave; l&rsquo;augmentation de la concentration atmosph&eacute;rique de CO2 pourrait &ecirc;tre plus faible que pr&eacute;vue (Long 2005, 2006). Patatras : les gazettes alarmistes se sont empress&eacute;es de commenter la recherche &agrave; leur mani&egrave;re, en annon&ccedil;ant la fin de la capture du carbone par le puits terrestre et en pronostiquant de terribles famines dans le si&egrave;cle &agrave; venir. Deux travaux parus r&eacute;cemment apportent des nouvelles bien plus r&eacute;confortantes&hellip; mais il est &agrave; peu pr&egrave;s inutile de consulter votre journal, radio ou t&eacute;l&eacute; pr&eacute;f&eacute;r&eacute;s pour en entendre parler.<br /><br /><img width="300" height="204" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/face1.jpg" alt="" class="DrteTexte" />La plupart des v&eacute;g&eacute;taux sont apparus sur Terre &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; la concentration en gaz carbonique &eacute;tait 4 &agrave; 5 fois plus &eacute;lev&eacute;e qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Elles ont su tirer partie de cette ressource, puisque le CO2 est utilis&eacute; avec l&rsquo;eau et la lumi&egrave;re pour assurer la photosynth&egrave;se, et donc la croissance de la mati&egrave;re organique. Que le CO2 soit favorable aux cultures est connu depuis deux si&egrave;cles d&eacute;j&agrave; : en 1804, Nicolas de Saussure consignait cette observation dans ses <span style="font-style: italic;">Recherches chimiques sur la v&eacute;g&eacute;tation</span>. Dans les ann&eacute;es 1960 et 1970, plus de 400 exp&eacute;riences locales de fumigation au gaz carbonique ont &eacute;t&eacute; d&eacute;velopp&eacute;es. Et, &agrave; partir des ann&eacute;es 1980 et 1990, l&rsquo;enrichissement au CO2 est devenu l&rsquo;objet d&rsquo;une attention plus syst&eacute;matique dans le cadre des travaux sur le r&eacute;chauffement climatique. Cinq types de recherche ont &eacute;t&eacute; men&eacute;s : en m&eacute;thodologie vari&eacute;e dans le cadre SPAR (soil-plant-atmosphere research), en serre, en tunnel &agrave; gradient de temp&eacute;rature, en chambre ouverte au sommet (OTC) et enfin en plein air (FACE : free-air CO2 enrichment).<br /><br />Les deux papiers de Long 2005 et 2006 ont tir&eacute; la sonnette d&rsquo;alarme : selon eux, les exp&eacute;riences FACE (plus proches des conditions r&eacute;elles) donnent une productivit&eacute; de moiti&eacute; inf&eacute;rieure aux pr&eacute;c&eacute;dents travaux en espace clos et sugg&egrave;rent que les r&eacute;coltes en p&acirc;tiront &agrave; l&rsquo;horizon 2050.<br /><br />Dans une nouvelle m&eacute;ta-analyse parue dans le New Phytologist, Lewis H. Ziska et James A. Bruce rouvrent le dossier et comparent les donn&eacute;es disponibles, &agrave; conditions &eacute;quivalentes, pour le riz (Oryza sativa), le soja (Glycine max) et le bl&eacute; (Triticum aestivum), trois plantes d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t majeur pour l&rsquo;humanit&eacute;. Ils ont normalis&eacute; les donn&eacute;es et compar&eacute; les gains de r&eacute;colte attendus pour un enrichissement &agrave; 700 ppm (contre 370 ppm).<br /><br />R&eacute;sultats :<br />- pour le riz, le gain est de 44 % en serre, 24 % en tunnels, 19 % en syst&egrave;me SPAR, 26 % en OTC, 20 % selon FACE ;<br />- pour le soja, le gain est de 34 % en serre, 36 % en tunnels, 28 % en syst&egrave;me SPAR, 37 % en OTC, 40 % selon FACE ;<br />- pour le bl&eacute;, le gain est de 47 % en serre, 26 % en tunnels, 31 % en OTC, 19 &agrave; 23 % selon FACE (avec deux m&eacute;thodologies diff&eacute;rentes).<br /><br />Comme le remarquent les auteurs, &laquo; on ne trouve aucune base &agrave; une surestimation importante (x2) et consistante de la r&eacute;ponse des r&eacute;coltes &agrave; l&rsquo;enrichissement CO2 dans les syst&egrave;mes clos par rapport aux syst&egrave;mes FACE &raquo;. Les serres sont toujours plus productives (sauf pour le soja o&ugrave; la r&eacute;ponse est meilleure en plein air), et le syst&egrave;me FACE se situe g&eacute;n&eacute;ralement non loin des autres pour les gains de productivit&eacute;. Les auteurs rappellent &eacute;galement qu&rsquo;il existe plus de 100 000 cultivars de riz, et des milliers pour le bl&eacute; et le soja : cela laisse du champ pour s&eacute;lectionner ceux qui pr&eacute;sentent la meilleure r&eacute;ponse T / CO2 / pr&eacute;cipitation, et cela m&ecirc;me en restant dans le cadre de plants non g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;s.<br /><br />D&eacute;cid&eacute;ment, les plantes ne sont pas comme les humains et elles appr&eacute;cient le gaz carbonique. Aussi les esprits irrit&eacute;s par cet optimisme v&eacute;g&eacute;tal se tournent-ils volontiers vers une autre menace : la carence en nutriments, et pr&eacute;cis&eacute;ment en azote. Cette nouvelle crainte concerne les for&ecirc;ts, suppos&eacute;es souffrir prochainement. Le raisonnement est le suivant : la croissance v&eacute;g&eacute;tale est certes acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e par le gaz carbonique, mais les arbres auront besoin d&rsquo;azote pour soutenir cette croissance et ils n&rsquo;en trouveront pas assez dans les sols, car la fixation de l&rsquo;azote atmosph&eacute;rique et sa transformation en nitrate ne suivront pas le rythme. Cons&eacute;quence : une croissance qui revient &agrave; la normale, et pourquoi pas une d&eacute;croissance avec tous les drames qui s&rsquo;ensuivent habituellement (saturation du puits carbone terrestre, hausse du gaz carbonique atmosph&eacute;rique, temp&eacute;rature caniculaire, fin du monde). La plupart des mod&egrave;les actuels du cycle du carbone tablent sur cette limitation progressive de l&rsquo;azote au cours du si&egrave;cle.<br /><br />Adrien C. Finzi et 17 co-auteurs ont r&eacute;cemment livr&eacute; &agrave; ce sujet une synth&egrave;se des exp&eacute;riences FACE en milieu forestier : laboratoires Rhinelander, Duke et Oak Ridge aux Etats-Unis, &eacute;tude POP-EUROFACE en Europe (Finzi 2007). Un pr&eacute;c&eacute;dent travail en 2005 avait montr&eacute; un gain de productivit&eacute; de 23 % pour une hausse artificielle de CO2 de 174 ppm.<br /><br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/face2.jpg" alt="" class="GcheTexte" />Les for&ecirc;ts europ&eacute;ennes &eacute;tudi&eacute;es, implant&eacute;es sur d&rsquo;anciens sites agricoles o&ugrave; la disponibilit&eacute; en azote du sol &eacute;tait un facteur non limitant, n&rsquo;ont pas soutenu leur croissance par une fixation suppl&eacute;mentaire de l&rsquo;azote, mais par une meilleure efficacit&eacute; d&rsquo;absorption (NUE nitrogen use efficiency) ; les for&ecirc;ts am&eacute;ricaines, dont le sol est plus pauvre en mati&egrave;re azot&eacute;e, ont en revanche connu une meilleure fixation terrestre, sans changement dans l&rsquo;efficacit&eacute; d&rsquo;absorption. Chaque &eacute;cosyst&egrave;me a donc r&eacute;pondu &agrave; sa mani&egrave;re, mais dans le m&ecirc;me sens. Conclusion des auteurs : &laquo; La r&eacute;ponse en fixation de l&rsquo;azote par le sol et en efficacit&eacute; d&rsquo;absorption (NUE) de ces jeunes for&ecirc;ts temp&eacute;r&eacute;es expos&eacute;es aux conditions FACE est le contraire de celle pr&eacute;dite par la g&eacute;n&eacute;ration actuelle des mod&egrave;les biog&eacute;ochimiques &raquo;. Que les mod&egrave;les du cycle du carbone au d&eacute;veloppement fort r&eacute;cent se trompent ainsi, ce n&rsquo;est pas une grande surprise : dans le cadre des affaires climatiques, on commence &agrave; avoir l&rsquo;habitude de ces param&eacute;trisations pessimistes qui s&rsquo;am&eacute;liorent avec le temps&hellip;<br /><br />Voil&agrave; donc deux bonnes nouvelles pour la v&eacute;g&eacute;tation et pour le cycle du carbone. Qui seront &eacute;videmment ignor&eacute;es comme deux fausses notes dans le concert de la lamentation permanente.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences</span><br />Finzi, A.C. et al. (2007), Increases in nitrogen uptake rather than nitrogen-use efficiency support higher rates of temperate forest productivity under elevated CO2, Proceedings of the National Academy of Sciences, 104, 14014-14019.<br />Long, S.P. et al. (2005), Global food insecurity treatment of major food crops with elevated carbon dioxide or ozone under large-scale fully open-air conditions suggests recent models may have overestimated future yields, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 360, 2011-2020.<br />Long, S.P. et al. (2006), Food for thought: Lower-than-expected crop yield stimulation with rising CO2 concentrations, Science, 312, 1918-1921.<br />Ziska, L.H. et J.A. Bunce (2007), Predicting the impact of changing CO2 on crop yields: some thoughts on food, New Phytologist, 175, 607-618.]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 Nov 2007 23:16:20 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">efb514161edc6d1371e4c95775b58b11</guid>
                <category>Cycle du carbone</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7261733-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Coin de table sceptique : de la réalité modérée aux modèles emballés]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7260625.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Une fois n&rsquo;est pas coutume, on se livrera ici &agrave; un petit calcul de coin de table : comment le climat a-t-il r&eacute;agi au for&ccedil;age anthropique apr&egrave;s deux si&egrave;cles de r&eacute;volution industrielle et de croissance d&eacute;mographique ? Que pr&eacute;voient les mod&egrave;les de leur c&ocirc;t&eacute; ? La comparaison est-elle de nature &agrave; miner le scepticisme ?</span><br style="font-weight: bold;" /><br />Pour &eacute;viter toute pol&eacute;mique inutile et pour simplifier l&rsquo;expos&eacute;, prenons les &laquo; meilleurs estimations &raquo; de l&rsquo;AR4 2007 du GIEC, en ignorant les incertitudes attach&eacute;es &agrave; chacune de ces valeurs.<br /><br />L&rsquo;ensemble des for&ccedil;ages anthropiques positifs de l&rsquo;&egrave;re moderne s&rsquo;&eacute;l&egrave;ve en 2005 &agrave; 3,17 W/m<sup>2</sup>, ce qui repr&eacute;sente d&eacute;j&agrave; 85 % du for&ccedil;age d&rsquo;un doublement CO2 (3,7 W/m<sup>2</sup>). La hausse des temp&eacute;ratures de surface entre 1850-1899 et 2001-2005 est de 0,76 &deg;C.<br /><br />Il se trouve que le GIEC a publi&eacute; les estimations de la &laquo; r&eacute;ponse climatique transitoire &raquo; &agrave; un doublement CO2 des mod&egrave;les. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;&eacute;volution imm&eacute;diate des temp&eacute;ratures de surface, sans que l&rsquo;ensemble des r&eacute;troactions aient jou&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; retrouver l&rsquo;&eacute;quilibre (et sans effet retard&eacute; de l&rsquo;inertie thermique des oc&eacute;ans). Voici la liste de ces estimations par mod&egrave;les pour un doublement CO2 et, en approximation lin&eacute;aire (pas trop grave en transitoire), pour 85 % d&rsquo;un doublement CO2, c&rsquo;est-&agrave;-dire le for&ccedil;age de 3,17 W/m<sup>2</sup> que le climat a d&eacute;j&agrave; enregistr&eacute; selon le GIEC.<br /><img width="499" height="322" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/tableaurctar4.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br /><br />On constate que <span style="font-style: italic;">tous les mod&egrave;les AR4 sont largement au-dessus de la valeur de 0,76 &deg;C pour 85 % d&rsquo;un doublement CO2</span>, pr&egrave;s de la moiti&eacute; d&rsquo;entre eux exag&eacute;rant d&rsquo;un facteur 2, voire 3 cette valeur.<br /><br />Il faut se rendre &agrave; l&rsquo;&eacute;vidence : &agrave; 85 % d&rsquo;un doublement CO2, la r&eacute;ponse r&eacute;elle du climat reste tr&egrave;s modeste, bien plus modeste que la pr&eacute;vision des mod&egrave;les utilis&eacute;s par le GIEC.<br /><br />Mais alors, pourquoi les mod&egrave;les surestiment tant la sensibilit&eacute; transitoire du climat aux for&ccedil;ages anthropiques ? La r&eacute;ponse est connue : les for&ccedil;ages n&eacute;gatifs de l&rsquo;humanit&eacute; masqueraient le r&eacute;chauffement. Il s&rsquo;agit en l&rsquo;occurrence des effets directs et indirects des a&eacute;rosols anthropiques. Sans les a&eacute;rosols, le climat r&eacute;agirait comme le pr&eacute;voient les mod&egrave;les. Ce point appelle plusieurs commentaires.<br /><br />- Les a&eacute;rosols sont actuellement le poste du bilan radiatif ayant le plus faible &laquo; niveau de compr&eacute;hension scientifique &raquo;. Non seulement on estime mal leurs &eacute;missions globales, mais on conna&icirc;t mal leur microphysique et leurs effets r&eacute;els. Donc, les mod&eacute;lisateurs nous demandent de les croire quand ils trouvent une sensibilit&eacute; forte <span style="font-style: italic;">tout en reconnaissant que l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment-clef de cette croyance est aussi le moins bien connu</span>. Premier motif de scepticisme.<br /><br />- Concernant l&rsquo;estimation du for&ccedil;age n&eacute;gatif des a&eacute;rosols, la tendance est &agrave; la baisse depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de leurs effets directs ou indirects. Plus on progresse, moins il semble que ces a&eacute;rosols ont d&rsquo;effet important. Par ailleurs, suite aux mesures anti-pollution ou &agrave; la disparition du bloc de l&rsquo;Est, la tendance des &eacute;missions d&rsquo;a&eacute;rosols est en baisse depuis les ann&eacute;es 1985-1990 en Am&eacute;rique, en Europe, en Russie et au Japon (mais en hausse en Asie). Cela signifie que les 0,76 &deg;C pour 1850-2005 incluent d&eacute;j&agrave; en bonne part le &laquo; non-masquage &raquo; du r&eacute;chauffement par les a&eacute;rosols, car leur dur&eacute;e de vie atmosph&eacute;rique est courte. Deuxi&egrave;me motif de scepticisme.<br /><br />- Les 0,76 &deg;C de hausse des temp&eacute;ratures de surface 1850-2005 ne sont pas enti&egrave;rement attribuables aux for&ccedil;ages anthropiques du bilan radiatif, tant s&rsquo;en faut. Bien que la derni&egrave;re estimation du GIEC pour le for&ccedil;age solaire soit tr&egrave;s faible (0,12 W/m<sup>2</sup>), la plupart des comparaisons d'ensemble de mod&egrave;les montrent que le facteur solaire a jou&eacute; dans la hausse 1850-1950, et plusieurs travaux r&eacute;cents ont conclu qu&rsquo;il repr&eacute;sente encore 10 &agrave; 30 % de la hausse 1970-2000. L&rsquo;irradiance totale seule (les 0,12 W/m<sup>2</sup>) ne semble pas expliquer cette signature, et les chercheurs se penchent aujourd'hui sur des effets indirects du soleil (soit les UV et XUV &agrave; travers le couplage stratosph&egrave;re-troposph&egrave;re, soit le couplage avec le rayonnement cosmique et l&rsquo;effet sur la n&eacute;bulosit&eacute;). Au soleil s&rsquo;ajoutent la variabilit&eacute; intrins&egrave;que du climat, toujours tr&egrave;s mal contrainte par la mod&eacute;lisation num&eacute;rique, et le biais des enregistrements de surface (presque toutes les stations terrestres ont connu des modifications importantes de leur environnement au cours du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle). Cela signifie que la hausse des temp&eacute;ratures de surface sp&eacute;cifiquement attribuable au for&ccedil;age radiatif anthropique est sans doute inf&eacute;rieure &agrave; 0,76 &deg;C. Troisi&egrave;me motif de scepticisme.<br /><br />En conclusion, les donn&eacute;es d&rsquo;observation montrent que les temp&eacute;ratures de surface sont assez peu sensibles aux for&ccedil;ages anthropiques et que le r&eacute;chauffement moderne se situe pour le moment bien en de&ccedil;&agrave; des estimations de tous les mod&egrave;les. La charge de la preuve est donc invers&eacute;e : s&rsquo;ils veulent rendre cr&eacute;dibles leurs projections alarmistes, voire catastrophiques, les mod&eacute;lisateurs doivent nous pr&eacute;senter autre chose que des bricolages param&eacute;tris&eacute;s sur la variable d&rsquo;ajustement des a&eacute;rosols. Et cette exigence sera d&rsquo;autant plus forte que le climat ne suit pas leurs projections, ce qui est le cas depuis six ans d&eacute;j&agrave; avec une stagnation manifeste des temp&eacute;ratures de surface et de basse troposph&egrave;re, malgr&eacute; la suppos&eacute;e &laquo; hausse sans pr&eacute;c&eacute;dent des &eacute;missions de carbone &raquo; et &laquo; acc&eacute;l&eacute;ration alarmante du r&eacute;chauffement &raquo;. <br /><br />Il serait temps de sortir de l&rsquo;autisme des slogans m&eacute;diatiquement amplifi&eacute;s &agrave; destination de foules apeur&eacute;es et de d&eacute;cideurs press&eacute;s. Les questions pos&eacute;es par les sceptiques attendent toujours des r&eacute;ponses convaincantes. <br />]]></description>
        <pubDate>Mon, 19 Nov 2007 15:14:29 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ed61b01962f62f67671dc079d96d4c3d</guid>
                <category>Mesures du réchauffement</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7260625-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[L'Arctique 2007 en perspective]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7231450.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">2007 a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s calme du point de vue cyclonique, de m&ecirc;me que les temp&eacute;ratures de surface sont rest&eacute;es sages malgr&eacute; un El Nino en d&eacute;but d'ann&eacute;e. Mais l'alarmisme m&eacute;diatique n'est jamais pris en d&eacute;faut de surench&egrave;re catastrophiste : c'est l'&eacute;tat de la banquise arctique, avec une forte diminution estivale, qui a jou&eacute; depuis quelques mois le r&ocirc;le d'indice anxiog&egrave;ne de &quot;d&eacute;r&egrave;glements sans pr&eacute;c&eacute;dent&quot;. Qu'en est-il au juste ? Comment cette anomalie s'inscrit-elle dans la longue dur&eacute;e ? Quelles en sont exactement les causes ? Voici une synth&egrave;se que quelques travaux r&eacute;cents permettant d'aller un peu plus loin que les effets d'annonce. </span><br style="font-weight: bold;" /><br />La glace p&eacute;renne de l&rsquo;Oc&eacute;an Arctique a atteint en &eacute;t&eacute; 2007 son extension minimale depuis le d&eacute;but des mesures satellite (1979). Selon les donn&eacute;es satellite NCEP/NOAA reproduites sur le site <a href="http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/">Cryosphere</a> (anim&eacute; par William Chapman), et les donn&eacute;es du NSIDC (<a href="http://nsidc.org/data/seaice_index/archives/index.html" target="_blank">National Snow and Ice Data Center</a>) l&rsquo;anomalie estivale a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s marqu&eacute;e. Le pr&eacute;c&eacute;dent minimum de 2005 &ndash; 5,32 millions de km<sup>2</sup> &ndash; a chut&eacute; &agrave; 4,24 millions de km<sup>2</sup> en septembre 2007. On voit ci-dessous l&rsquo;anomalie du mois de septembre 2007 (NSIDC) :<br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/nsidcsep.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />La diminution de l&rsquo;extension de la banquise est plus marqu&eacute;e en &eacute;t&eacute; que dans toutes les autres saisons. La baisse de septembre est en moyenne de -10,2 % +/- 3,4 par d&eacute;cennie depuis le d&eacute;but des mesures satellite, celle de mars de -2,8 % +/- 0,8. Les autres mois se placent entre ces valeurs, g&eacute;n&eacute;ralement en dessous de 5 %/d&eacute;cennie. Toutes saisons confondues, la tendance est n&eacute;anmoins clairement &agrave; la baisse sur la p&eacute;riode 1979-2007, comme en t&eacute;moigne ce graphique issu de la source Cryosphere.<br /><img width="499" height="417" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/arctic1978-2007cryospshere.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />Cette anomalie 2007 a bien s&ucirc;r donn&eacute; lieu &agrave; d&rsquo;abondants commentaires depuis quelques mois, chacun y allant de sa pr&eacute;diction (g&eacute;n&eacute;ralement catastrophique) sur l&rsquo;avenir de la banquise estivale arctique. Elle pourrait totalement dispara&icirc;tre en 2040, en 2030, en 2020, en 2010&hellip; Un travail r&eacute;cent de Marika Holland et al. (2006) a montr&eacute; que le plus &laquo; pessimiste &raquo; des runs d&rsquo;ensemble de mod&egrave;le CCSM3 pr&eacute;voit un Oc&eacute;an Arctique presque libre de glace vers 2040, les autres pla&ccedil;ant cette date entre 2050 et 2080. (Il faudrait s&rsquo;interroger sur le caract&egrave;re &laquo; alarmant &raquo; en soi d&rsquo;un Oc&eacute;an Arctique libre de glaces en &eacute;t&eacute;, mais ce n&rsquo;est pas l&rsquo;objet de cette discussion ; de m&ecirc;me pour le caract&egrave;re r&eacute;aliste de ce genre de runs compte-tenu de la difficult&eacute; de mod&eacute;lisation de la dynamique des glaces et de la variabilit&eacute; des r&eacute;gions polaires et sub-polaires, nous allons y venir).<br /><br />En sciences climatiques, un &laquo; record &raquo; saisonier ou annuel n&rsquo;a aucune valeur et une tendance significative (30 ans) s&rsquo;appr&eacute;cie elle-m&ecirc;me sur une plus longue dur&eacute;e. La question est donc double :<br />- la tendance 1979-2007 observ&eacute;e par les satellites est-elle anormale au regard de l&rsquo;&eacute;volution pr&eacute;c&eacute;dente de l&rsquo;Arctique ?<br />- cette tendance est-elle due au r&eacute;chauffement d&rsquo;origine anthropique ou &agrave; d&rsquo;autres causes ?<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">D&eacute;clin r&eacute;cent ou d&eacute;j&agrave; ancien ?</span><br /><br />Pour r&eacute;pondre &agrave; ces questions, nous allons commencer par un graphique extrait d&rsquo;<span style="font-style: italic;">Une v&eacute;rit&eacute; qui d&eacute;range </span>(Gore 2007)<span style="font-style: italic;">.</span> Il s&rsquo;agit certes d&rsquo;une &oelig;uvre de fiction, mais bien des chercheurs nous ont assur&eacute; que le documentaire et le livre d&rsquo;Al Gore refl&egrave;tent tr&egrave;s correctement l&rsquo;&eacute;tat des connaissances scientifiques. Voici donc l&rsquo;&eacute;tat annuel de la banquise en H&eacute;misph&egrave;re Nord entre 1900 et 2005 selon le Nobel de la paix.<br /><img width="500" height="314" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/arcticgorebd.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />Cette courbe d&rsquo;Al Gore n&rsquo;est pas sans rappeler la fameuse &laquo; <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-2166837.html" target="_blank">crosse de Hockey</a> &raquo; : on voit une banquise stable jusqu&rsquo;en 1975-80, qui plonge soudainement par la suite. Encore un indice de l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration r&eacute;cente du r&eacute;chauffement. Il est cependant difficile de retrouver l&rsquo;origine de cette courbe : la version fran&ccedil;aise (comme la version am&eacute;ricaine) du livre d&rsquo;Al Gore mentionne comme source &laquo; Hadley Carter &raquo;. Cet individu ou cet organisme nous est inconnu, contrairement au Hadley Center, un c&eacute;l&egrave;bre centre de recherche anglais sur le climat. En fait, le Hadley Center a bel et bien publi&eacute; en 2002 un papier de synth&egrave;se sur son analyse historique globale de la banquise (ainsi que des temp&eacute;ratures de surface de la mer et des temp&eacute;ratures nocturnes de l&rsquo;air marin). Son premier auteur est Rayner et non Carter (Rayner 2002), mais on supposera que le lapsus scripturi d&rsquo;Al Gore provient d&rsquo;un pass&eacute; politique tr&egrave;s actif. Le graphique ci-dessous montre donc les reconstructions de la banquise en janvier (haut) et juillet (bas) pour six bases : HadISST1 (noir), GSFC (rouge), NIC (vert), Walsh et Chapman (bleu), GISST3.0 (pointill&eacute; noir).<br /><img width="499" height="238" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/sea-ice1900-2000_hadley_.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />Pour la surface estivale de la banquise, on constate que la tendance la plus marqu&eacute;e &agrave; la baisse commence &agrave; la fin des ann&eacute;es 1970, ce qui correspond au d&eacute;but des mesures par satellite. Un nouvel instrument cr&eacute;e presque toujours de telles ruptures dans l&rsquo;homog&eacute;n&eacute;it&eacute; des donn&eacute;es, et c&rsquo;est le cas aussi pour l&rsquo;analyse des temp&eacute;ratures. Mais le probl&egrave;me en l&rsquo;occurrence vient de la raret&eacute; et de l&rsquo;impr&eacute;cision des sources avant les satellites en rapport avec le ph&eacute;nom&egrave;ne &eacute;tudi&eacute; : pour mesurer l&rsquo;&eacute;tendue de la banquise, il faut par d&eacute;finition avoir une id&eacute;e assez pr&eacute;cise de ses limites g&eacute;ographiques sur tout le bassin p&eacute;ri-arctique. Or, les missions maritimes commerciales ou militaires, de m&ecirc;me que les stations d&rsquo;observation m&eacute;t&eacute;orologique, &eacute;taient loin de se livrer syst&eacute;matiquement &agrave; cet exercice avant 1980, et moins encore dans la premi&egrave;re partie du si&egrave;cle.<br /><br />L&rsquo;essentiel des donn&eacute;es ant&eacute;rieures &agrave; 1980 utilis&eacute;es par le Hadley Center ou le GISS provient de bases historiques r&eacute;unies et interpr&eacute;t&eacute;es par John E. Walsh (Walsh 2001). En 2004, Ola M. Johannessen et 11 co-auteurs ont publi&eacute; une nouvelle estimation de l&rsquo;&eacute;volution historique des glaces arctiques, notamment fond&eacute;e sur l&rsquo;exploitation des observations russes puis sovi&eacute;tiques. Ce nouveau travail synth&eacute;tise des donn&eacute;es historiques sur 77 % du bassin arctique. Le graphique ci-dessous illustre ces donn&eacute;es (en vert la base Walsh 2001 reprise par le GISS, le Hadley et Gore, en rouge la nouvelle base enrichie dite Zakharov, en noir les temp&eacute;ratures de surface en Arctique).<br /><img src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/arctic1900-2000basezajharov.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />Le d&eacute;crochage des ann&eacute;es 1980 est nettement moins perceptible et l&rsquo;on constate une baisse d&eacute;j&agrave; prononc&eacute;e de la surface de la banquise entre les ann&eacute;es 1910 et 1940, &agrave; une &eacute;poque o&ugrave; les temp&eacute;ratures de surface ont connu une hausse marqu&eacute;e. Sur la base Nasa GISS (carte ci-dessous), on peut ainsi constater que les temp&eacute;ratures printani&egrave;res de l&rsquo;Arctique, assez d&eacute;cisives pour la r&eacute;sistance des glaces en &eacute;t&eacute;, ont connu entre 1911 et 1940 des hausses fortes (entre 4 et 8&deg;C). Il para&icirc;t assez logique que la banquise estivale ait enregistr&eacute; l'effet de cette premi&egrave;re hausse significative et rapide.<br /><img width="499" height="302" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/nasagissarctic1910-1940.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />Les travaux de Johannessen et al. ont &eacute;t&eacute; appuy&eacute;s plus r&eacute;cemment encore par une &eacute;tude historique des limites de la banquise arctique dans les mers adjacentes (mer du Groenland, mer de Barents), par Dmitry Divine et Chad Dick (Divine 2006). Les chercheurs ont ici rassembl&eacute; toutes les donn&eacute;es disponibles entre 1750 et 2002. Les deux graphiques ci-dessous montrent l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;anomalie d&rsquo;avanc&eacute;e de la banquise (en km ) en mer du Groenland et en mer de Barents sur l&rsquo;ensemble de la p&eacute;riode et sur trois mois (avril, juin, ao&ucirc;t).<br /><img width="387" height="500" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/divine1.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><img src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/divine2.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />L&agrave; encore, on n&rsquo;observe pas une p&eacute;riode de stabilit&eacute; suivie d&rsquo;une chute brutale dans les ann&eacute;es 1980, mais une d&eacute;croissance assez continue quoique variable selon les mois. Et l&agrave; encore, l&rsquo;&eacute;volution de la glace suit celle des temp&eacute;ratures, avec notamment la pause des ann&eacute;es 1950-70, marqu&eacute;es par une phase de refroidissement. Divine et Dick soulignent d&rsquo;ailleurs l&rsquo;existence de deux oscillations naturelles dans l&rsquo;&eacute;volution de la banquise, l&rsquo;une de p&eacute;riode 60-80 ans, l&rsquo;autre de p&eacute;riode 20-30 ans.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Les causes du d&eacute;clin r&eacute;cent</span><br /><br />Pourquoi donc la banquise estivale dispara&icirc;t-elle ? La r&eacute;ponse souvent entendue est : c&rsquo;est une nouvelle manifestation du r&eacute;chauffement anthropique par les gaz &agrave; effet de serre et une nouvelle preuve de son acc&eacute;l&eacute;ration r&eacute;cente. Les diff&eacute;rents travaux &eacute;voqu&eacute;s ci-dessous montrent que l&rsquo;explication est un peu sommaire et que le retrait de la banquise est un ph&eacute;nom&egrave;ne d&eacute;j&agrave; ancien, amorc&eacute; alors que le for&ccedil;age anthropique des gaz &agrave; effet de serre &eacute;tait assez n&eacute;gligeable. Aujourd&rsquo;hui encore, les gaz &agrave; effet de serre sont bien loin d&rsquo;&ecirc;tre le seul d&eacute;terminant de l&rsquo;&eacute;volution arctique. Dans un article de synth&egrave;se paru au printemps dernier, Mark C. Serreze, Marika Holland et Julienne Stroeve (NSIDC, NCAR) ont soulign&eacute; que l&rsquo;&eacute;tat de la banquise arctique est li&eacute; aux for&ccedil;ages radiatifs, mais &eacute;galement &agrave; une forte variabilit&eacute; du syst&egrave;me oc&eacute;an-atmosph&egrave;re-glace. Les pressions atmosph&eacute;riques, les temp&eacute;ratures et les vents varient selon des oscillations naturelles bien connues (NAO oscillation nord-atlantique, NAM mode annulaire bor&eacute;al) et ils se trouvent que les ann&eacute;es 1970-1995 ont &eacute;t&eacute; marqu&eacute;es par des anomalies positives tr&egrave;s marqu&eacute;es, contribuant &agrave; expliquer la pente observ&eacute;e. Pour compliquer encore le sch&eacute;ma, les courants marins ont leur mot &agrave; dire. Les eaux chaudes du bassin Atlantique entrent dans l&rsquo;oc&eacute;an Arctique par le d&eacute;troit de Fram et la mer de Barents. Plusieurs pics d&rsquo;arriv&eacute;es massives d&rsquo;eau chaude ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;s depuis le milieu des ann&eacute;es 1990, entra&icirc;nant des modifications de la couche froide halocline (CHL). D&rsquo;autres travaux ont sugg&eacute;r&eacute; que les flux de chaleur oc&eacute;aniques entrant par le d&eacute;troit de Bering ont &eacute;galement une influence sur l&rsquo;&eacute;tat de la glace permanente arctique.<br /><br />A ces donn&eacute;es climatologiques plus complexes s&rsquo;ajoutent bien s&ucirc;r les conditions synoptiques. De m&ecirc;me qu&rsquo;une canicule isol&eacute;e ne peut &ecirc;tre attribu&eacute;e au r&eacute;chauffement climatique (qui en augmente la probabilit&eacute;, mais n&rsquo;en est pas la cause directe), une ann&eacute;e &agrave; englacement estival tr&egrave;s faible r&eacute;pond &agrave; des conditions pr&eacute;cises de circulation. C&rsquo;est ainsi que le premier facteur explicatif de la situation 2007 est un blocage persistant dans des conditions de vent et de pression exceptionnelles - blocage ayant donn&eacute; un visage assez anormal &agrave; l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2007 dans tout l&rsquo;H&eacute;misph&egrave;re Nord -, comme ont jug&eacute; bon de le rappeler Julia Slingo et Rowan Sutton dans un courrier &agrave; la revue Nature, qui incriminait sans discernement le &laquo; r&eacute;chauffement global &raquo; (Slingo 2007).<br /><br />Enfin, les for&ccedil;ages radiatifs anthropiques ne se limitent pas aux gaz &agrave; effet de serre. Dans un papier paru r&eacute;cemment, Flanner et al. (2007) ont montr&eacute; que la suie de carbone (notamment issue des feux de for&ecirc;t en r&eacute;gion bor&eacute;ale) modifie la r&eacute;flectance de la neige ou de la glace et que ce for&ccedil;age peut repr&eacute;senter jusqu&rsquo;&agrave; trois fois la valeur du for&ccedil;age CO2 dans les r&eacute;gions arctiques, entre avril et septembre. La diabolique gaz carbonique est bien loin d'&ecirc;tre l'alpha et l'om&eacute;ga des &eacute;volutions climatiques locales ou globales, malgr&eacute; tout l'effort des m&eacute;dias pour entretenir sa l&eacute;gende noire.<br /><br />Pour conclure et synth&eacute;tiser :<br />- L&rsquo;anomalie estivale de l&rsquo;&eacute;tendue de la banquise arctique a &eacute;t&eacute; tr&egrave;s marqu&eacute;e en 2007, avec un d&eacute;clin annuel sans pr&eacute;c&eacute;dent depuis le d&eacute;but des mesures satellite.<br />- Ce ph&eacute;nom&egrave;ne s&rsquo;inscrit dans une tendance longue &agrave; la diminution de la banquise, de mani&egrave;re certaine depuis le d&eacute;but des mesures satellites (1979), de mani&egrave;re tr&egrave;s probable depuis 100 ans.<br />- Le for&ccedil;age radiatif des gaz &agrave; effet de serre est une des causes probables de ce d&eacute;clin, mais elle est bien loin d&rsquo;&ecirc;tre isol&eacute;e et l&rsquo;on ne peut aujourd&rsquo;hui quantifier les parts respectives de ce for&ccedil;age, des autres for&ccedil;ages anthropiques (suie de carbone, a&eacute;rosols) et des facteurs de variabilit&eacute; naturelle de la circulation oc&eacute;an-atmosph&egrave;re.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences :</span><br />Divine D.V., C. Dick (2006), Historical variability of sea ice edge position in the Nordic Seas, J. Geoph. Res., 111, C01001.<br />Flanner M.G. (2007), Present-day climate forcing and response from black carbon in snow, J. Geophys. Res., 112, D11202.<br />Gore Albert Jr (2007), Une v&eacute;rit&eacute; qui d&eacute;range, La Martini&egrave;re.<br />Holland M. et al. (2006), Future abrupt reductions in the summer Arctic sea ice, GRL, 33, L23503, doi:10.1029/2006GL028024.<br />Johannessen O.M. et al. (2004), Arctic climate change: observed and modelled temperature and sea-ice variability, Tellus A, 56, 328-341.<br />Rayner N.A. et al. (2002), Global analyses of sea surface temperature, sea ice, and night marine air temperature since the late nineteenth century, J. Geophys. Res., 108, NOD14, 4407.<br />Serreze M.C et al. (2007), Perspectives on the Arctic&rsquo;s shrinking sea-ice cover, Science, 315, 1533-36.<br />Slingo J. R. Sutton (2007), Sea-ice decline due to more than warming alone, Nature, 450, 27.<br />Walsh J.E., W.L. Chapman (2001), 20th-Century sea-ice variations from observational data, Annals of Glaciology, 33, 444-448.]]></description>
        <pubDate>Tue, 06 Nov 2007 11:32:09 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">536c3367f1b68a6b8c08f6a1218b0f2f</guid>
                <category>Pôles, glaces, glaciers</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7231450-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
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        <title><![CDATA[Quest-ce qui ne va pas avec la sensibilité climatique ?]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7220684.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Les progr&egrave;s de la science se mesurent notamment &agrave; une meilleure compr&eacute;hension du r&eacute;el et &agrave; de meilleures pr&eacute;dictions sur son &eacute;volution. Un article paru dans <span style="font-style: italic;">Science</span>, et d&eacute;j&agrave; abondamment comment&eacute; dans la blogosph&egrave;re, rappelle que les mod&egrave;les climatiques n&rsquo;ont gu&egrave;re avanc&eacute; depuis 30 ans dans la fourchette de leurs incertitudes, et sugg&egrave;re qu&rsquo;il ne faut pas s&rsquo;attendre &agrave; de grands progr&egrave;s pr&eacute;dictifs dans les ann&eacute;es &agrave; venir. Les n&eacute;gociations de l&rsquo;apr&egrave;s-Kyoto s&rsquo;ouvrent donc sur un constat d&rsquo;&eacute;chec de notre capacit&eacute; &agrave; pr&eacute;ciser l&rsquo;ampleur des risques climatiques. </span><br /><br />La sensibilit&eacute; climatique d&eacute;signe l&rsquo;&eacute;volution des temp&eacute;ratures &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre en situation de doublement CO2, lorsque toutes les r&eacute;troactions climatiques &agrave; ce doublement ont &eacute;t&eacute; int&eacute;gr&eacute;es. Cela r&eacute;pond &agrave; la question : que se passerait-il en surface si nous passions de 270 ppm CO2 (1750) &agrave; 540 ppm (futur) et que nous laissions ensuite le climat r&eacute;agir pour retrouver son &eacute;quilibre ? Le rapport GIEC donne les analyses les plus r&eacute;centes de la litt&eacute;rature climatique : entre 2,0 et 4,5&deg;C avec env. 3&deg;C comme meilleures estimation.<br /><br />Dans un papier r&eacute;cent de la revue <span style="font-style: italic;">Science</span>, Gerald H. Roe et Marcia B. Baker mettent en lumi&egrave;re un probl&egrave;me que les habitu&eacute;s de la litt&eacute;rature climatique connaissent, mais que le grand public ignore : l&rsquo;estimation de la sensibilit&eacute; climatique est &agrave; peu pr&egrave;s la m&ecirc;me aujourd&rsquo;hui que voici trente ou quarante ans, lorsque la mod&eacute;lisation num&eacute;rique du climat a commenc&eacute;. Cet aveu est en lui-m&ecirc;me assez int&eacute;ressant : la communaut&eacute; des mod&eacute;lisateurs jure la main sur le c&oelig;ur que de &laquo; r&eacute;els progr&egrave;s &raquo; sont accomplis d&rsquo;un rapport GIEC &agrave; l&rsquo;autre, alors que la grandeur principale int&eacute;ressant notre avenir reste toujours aussi incertaine.<br /><br />Le papier de Roe et Baker s&rsquo;ouvre ainsi par un constat &agrave; la franchise tout &agrave; fait inhabituelle : <span style="font-style: italic;">&laquo; L&rsquo;enveloppe d&rsquo;incertitude des projections climatiques n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; r&eacute;duite de mani&egrave;re appr&eacute;ciable au cours des trente derni&egrave;res ann&eacute;es, malgr&eacute; l&rsquo;augmentation impressionnante de la puissance de calcul, des observations et du nombre de chercheurs &eacute;tudiant le probl&egrave;me &raquo;. </span>Dans n&rsquo;importe quel domaine scientifique, cette situation aurait conduit &agrave; une s&eacute;rieuse mise en question de la m&eacute;thode employ&eacute;e (la mod&eacute;lisation) ou de l&rsquo;objet de cette m&eacute;thode (la pr&eacute;vision du climat &agrave; long terme). Mais il semble que les affaires climatiques &eacute;chappent &agrave; la r&egrave;gle. Il est vrai que les d&eacute;cideurs n&rsquo;y connaissent pas grand-chose, le grand public encore moins : on peut donc sans trop de probl&egrave;mes vanter la confiance &laquo; de plus en plus grande &raquo; dans des r&eacute;sultats &laquo; de plus en plus robustes &raquo; lorsque le projecteur m&eacute;diatique exige un &eacute;tat des lieux audible par tous.<br /><br />Comme le soulignent Roe et Baker, les explications le plus souvent avanc&eacute;es pour justifier cette stagnation sont notre compr&eacute;hension encore incertaine de certains processus physiques particuliers (les nuages par exemple), les interactions complexes entre ces processus physiques ou encore la nature turbulente et chaotique du syst&egrave;me climatique. Selon ces chercheurs, ces causes physiques sont exactes, mais insuffisantes : il existe une explication plus structurelle &agrave; notre incapacit&eacute; &agrave; r&eacute;duire les fourchettes des pr&eacute;visions. Elle tient &agrave; la forme des distributions de probabilit&eacute; appliqu&eacute;es au syst&egrave;me climatique.<br /><br />Dans les mod&egrave;les actuels, la sensibilit&eacute; climatique (S) calcule un diff&eacute;rentiel de temp&eacute;rature (&#8710;T) qui est fonction des r&eacute;troactions (facteur f), ce que l&rsquo;on peut &eacute;crire sous une forme tr&egrave;s simplifi&eacute;e &#8710;T = 1 / (1-f), avec 0 &le; f &le; 1 (les r&eacute;troactions sont positives selon la litt&eacute;rature). Dans les mod&egrave;les actuels, la valeur m&eacute;diane de f est 0,65 (0,41 &le;f &le; 0,73) ce qui donne un &#8710;T compris entre 2,0 et 4,5&deg;C, avec 3,0&deg;C comme estimation la plus probable. Si l&rsquo;on place f dans une distribution standard (gaussienne) avec un &eacute;cart-type sigma(f) de 0,13 et que l&rsquo;on projette le &#8710;T, on s&rsquo;aper&ccedil;oit vite qu&rsquo;une variation faible de f se traduit par des variations fortes du &#8710;T, et surtout dans les valeurs hautes (courbe ci-dessous).<br /><img width="450" height="384" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/roefig1.jpg" /><br />Quand on analyse les distributions de densit&eacute; de probabilit&eacute;, comme l&rsquo;on fait les auteurs, on voit que les projections varient tr&egrave;s peu lorsque l&rsquo;on fait varier l&rsquo;&eacute;cart-type de f (ici, exemples avec sigma(f ) variant de 0,10 &agrave; 0,30).<br /><img width="500" height="420" class="CtreTexte" alt="" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/roefig2.jpg" /><br />Concr&egrave;tement, cela signifie que m&ecirc;me si l&rsquo;on parvient &agrave; r&eacute;duire les incertitudes sur les r&eacute;troactions (le facteur f), cela aura toujours peu d&rsquo;effet sur la distribution de la sensibilit&eacute; climatique. Et cela ne pourra notamment pas exclure des valeurs hautes (quoique peu probables) du r&eacute;chauffement. D&rsquo;un point de physique, il est assez douteux que l&rsquo;on puisse progresser rapidement sur les facteurs de r&eacute;troaction, car on avance par des campagnes d&rsquo;observation (sur la vapeur d&rsquo;eau, les a&eacute;rosols) qui permettent au mieux de contraindre la param&eacute;trisation. Et c&rsquo;est plut&ocirc;t l&rsquo;inverse qui se v&eacute;rifie : le rapport GIEC 2007 a commenc&eacute; &agrave; publier les premiers r&eacute;sultats de mod&egrave;les climatiques coupl&eacute;s aux mod&egrave;les du cycle du carbone, et l&rsquo;effet est d&rsquo;&eacute;largir encore la fourchette des projections, puisque chaque nouveau facteur est porteur de son lot d&rsquo;incertitude. Dans ce cas du cycle du carbone, qui forme l&rsquo;une des avanc&eacute;es en cours de la mod&eacute;lisation, projeter les r&eacute;actions sur 100 ans de la pompe biologique et de la pompe physique est &eacute;videmment une gageure. Et comme Roe et Baker l&rsquo;expliquent, ces travaux de mod&eacute;lisation permettront de mieux analyser les ph&eacute;nom&egrave;nes mod&eacute;lis&eacute;s, mais ne changeront de toute fa&ccedil;on pas grand chose aux projections.<br /><br />Dans notre <a target="_blank" href="http://www.climat-sceptique.com/article-5675021.html ">commentaire final</a> du dernier rapport GIEC, nous &eacute;crivions : <span style="font-style: italic;">&laquo; Les points les plus importants pour l&rsquo;&eacute;volution des temp&eacute;ratures de surface (r&eacute;troactions de la vapeur d&rsquo;eau, du gradient thermique, de la n&eacute;bulosit&eacute;) n&rsquo;ont connu aucune avanc&eacute;e d&eacute;cisive. Cela ne concerne pas seulement la comparaison des Rapports AR4 2007 et AR3 2001 : depuis trente ans, c&rsquo;est-&agrave;-dire depuis les premiers mod&egrave;les d&rsquo;&eacute;quilibre &eacute;nerg&eacute;tique (EBM) ou de radiation-convection (RCM), la fourchette de la sensibilit&eacute; climatique est &agrave; peu pr&egrave;s la m&ecirc;me. On trouvait d&eacute;j&agrave; 1,5-4,5&deg;C dans le rapport Charney de 1979 &raquo;.</span> Ce propos d&eacute;tonait alors, puisque l&rsquo;ambiance &eacute;tait &agrave; l&rsquo;acclamation pavlovienne de la nouvelle bible quinquennale du r&eacute;chauffement climatique et de ses proph&egrave;tes informatis&eacute;s. On peut aujourd&rsquo;hui observer la rapide retomb&eacute;e du souffl&eacute; et l&rsquo;&eacute;mergence des questions d&eacute;rangeantes, bien au-del&agrave; de la critique sceptique.<br /><br />Pour en venir &agrave; des sujets moins abstraits, les d&eacute;cideurs du monde entier vont se retrouver en d&eacute;cembre prochain &agrave; Bali, pour discuter de l&rsquo;apr&egrave;s-Kyoto et des modalit&eacute;s de ma&icirc;trise des &eacute;missions carbone de l&rsquo;humanit&eacute;. Question on ne peut plus grave, puisque 80 % de l&rsquo;&eacute;nergie proviennent encore de ressources fossiles et que 4 milliards d&rsquo;humains se sont engag&eacute;s dans un processus de d&eacute;veloppement technique et &eacute;conomique tr&egrave;s &eacute;nergivore. Ces d&eacute;cideurs ne trouveront gu&egrave;re mati&egrave;re &agrave; fixer un objectif pr&eacute;cis en terme de concentration atmosph&eacute;rique de CO2, puisque selon le chiffre choisi dans la fourchette actuelle de la sensibilit&eacute; climatique, l&rsquo;effet de cette concentration peut encore varier du simple au triple, ou peu s&rsquo;en faut. Ainsi, les fourchettes basses des cinq sc&eacute;narios cr&eacute;dibles (de B1 &agrave; A2, hors A1FI) vont de 1,1 &agrave; 2,0&deg;C, soit un r&eacute;chauffement &laquo; acceptable &raquo; appelant en priorit&eacute; des mesures d&rsquo;adaptation ; tandis que les fourchettes hautes vont de 2,9 &agrave; 5,4&deg;C, soit une pente forte aux cons&eacute;quences plus p&eacute;rilleuses pour l&rsquo;humanit&eacute; et pour les &eacute;quilibres &eacute;cologiques.<br /><br />On dira que le principe de pr&eacute;caution exige d&rsquo;&eacute;mettre le moins de gaz &agrave; effet de serre possible : mais ce m&ecirc;me principe de pr&eacute;caution exigeant plein de choses contradictoires selon les risques consid&eacute;r&eacute;s, &eacute;viter un tel flou artistique &eacute;tait justement l&rsquo;objet du GIEC et la mission adress&eacute;e aux chercheurs en sciences climatiques. En 2007, cet objectif n&rsquo;est pas atteint. Et comme pr&eacute;viennent d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; Roe et Baker, <span style="font-style: italic;">&laquo; on ne s&rsquo;attend pas &agrave; ce que la fourchette pr&eacute;sent&eacute;e dans le prochain rapport du GIEC soit tr&egrave;s diff&eacute;rente de celle du rapport 2007 &raquo;.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rence</span><br />Roe G.H., M.B. Baker, Why is climate sensitivity so unpredictable ?, Science, 318, 629-632.<br /><br />]]></description>
        <pubDate>Wed, 31 Oct 2007 18:11:17 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">89cedaaf27ea163f7545ed601bb664c8</guid>
                <category>Les modèles et leurs limites</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7220684-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Géomagnétisme et climat]]></title>
        <link>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7217663.html</link>        <description><![CDATA[<span style="font-weight: bold;">Le climat varie &agrave; diverses &eacute;chelles de temps. Outre la variabilit&eacute; naturelle de la circulation oc&eacute;anique et atmosph&eacute;rique, les &eacute;volutions globales du climat mettent en jeu des for&ccedil;ages sur des p&eacute;riodes allant des ann&eacute;es aux mill&eacute;naires : for&ccedil;ages du soleil, des gaz &agrave; effet de serre, des &eacute;missions volcaniques. A des &eacute;chelles de temps plus grandes encore, d&rsquo;autres facteurs comme la d&eacute;rive des continents jouent leur r&ocirc;le. La mod&eacute;lisation climatique accorde depuis ses origines un poids pr&eacute;pond&eacute;rant aux gaz &agrave; effet de serre, notamment au CO2, et ce carbocentrisme initial s&rsquo;est poursuivi jusqu&rsquo;&agrave; nos jours. Mais sont-ils les seuls en cause ? Un travail r&eacute;cent sur le g&eacute;omagn&eacute;tisme sugg&egrave;re une r&eacute;ponse clairement n&eacute;gative.</span><br /><br />L&rsquo;&eacute;quipe de Vincent Courtillot (Institut de physique du globe de Paris) s&rsquo;est pench&eacute;e sur les corr&eacute;lations entre le champ magn&eacute;tique terrestre et le climat, en l&rsquo;occurrence les temp&eacute;ratures de surface. Rappelons que ce champ g&eacute;omagn&eacute;tique est cr&eacute;&eacute; par le noyau m&eacute;tallique liquide de notre plan&egrave;te et qu&rsquo;il forme une sorte de bouclier protecteur dans les r&eacute;gions hautes de l&rsquo;atmosph&egrave;re, ionosph&egrave;re et surtout magn&eacute;tosph&egrave;re.<br /><br />Le graphique ci-dessous montre l&rsquo;&eacute;volution au cours du XX<sup>e</sup> si&egrave;cle des indices g&eacute;omagn&eacute;tiques moyenn&eacute;s par p&eacute;riode de 11 ans (observatoires de Eskdalemuir et Sitka, ESK, SIT), de l&rsquo;irradiance solaire totale (S(t)) et des temp&eacute;ratures de surface (Tglobe).<br /><img width="500" height="310" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/courtillot2.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />On constate une remarquable corr&eacute;lation entre les courbes, qui ne d&eacute;crochent (pour les temp&eacute;ratures) qu&rsquo;au milieu des ann&eacute;es 1980. Plusieurs autres travaux r&eacute;cents comment&eacute;s sur notre site ont d&eacute;j&agrave; document&eacute; cette &eacute;troite association avec divergence r&eacute;cente (N. Scafetta, B.J. West, voir <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-2405045.html" target="_blank">ici</a> ; M. Lockwood, C. Frohlich voir <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-7204644.html" target="_blank">ici</a>).<br /><br />Comme le soulignent les chercheurs de l&rsquo;IPGP, <span style="font-style: italic;">&laquo; il y a donc de bonnes indications d&rsquo;une contribution significative de l&rsquo;irradiance solaire au changement climatique des trois premiers quarts du XX</span><sup style="font-style: italic;">e</sup><span style="font-style: italic;"> si&egrave;cle au moins, avec une contribution anthropog&eacute;nique du CO2 ne devenant significative qu&rsquo;au milieu des ann&eacute;es 1980, bien que l&rsquo;origine de cette &lsquo;temp&eacute;rature anormale&rsquo; ne puisse pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme d&eacute;montr&eacute;e &raquo;.</span><br /><br />Une corr&eacute;lation n&rsquo;est pas une cause, et il n&rsquo;y a aucune raison de penser que le g&eacute;omagn&eacute;tisme en lui-m&ecirc;me influence le climat : <span style="font-style: italic;">&laquo; Les corr&eacute;lations observ&eacute;es entre le climat de la Terre et le g&eacute;omagn&eacute;tisme ont pour l&rsquo;essentiel impliqu&eacute; les changements magn&eacute;tiques contr&ocirc;l&eacute;s par des variations externes (solaires) et non internes (noyau) &raquo;</span>. Ce sont donc les variations du flux solaire total et de son champ magn&eacute;tique, associ&eacute;es &agrave; des variations du rayonnement cosmique atteignant notre plan&egrave;te, qui constituent la cause premi&egrave;re de la corr&eacute;lation observ&eacute;e. Ce travail confirme une pr&eacute;c&eacute;dente &eacute;tude men&eacute;e par la m&ecirc;me &eacute;quipe sur l&rsquo;&eacute;valuation du g&eacute;omagn&eacute;tisme en rapport avec l&rsquo;activit&eacute; solaire (Le Mou&euml;l 2005). Les chercheurs proposent donc une vision &eacute;largie des m&eacute;canismes climatiques, synth&eacute;tis&eacute;e dans le graphique ci-apr&egrave;s, et dans la droite ligne des hypoth&egrave;ses avanc&eacute;es par H. Svensmark (voir <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-5654147.html" target="_blank">ici</a>) ou N. Shaviv (voir <a href="http://www.climat-sceptique.com/article-4817672.html" target="_blank">ici</a>) :<br /><img width="376" height="500" src="http://idata.over-blog.com/0/26/61/54/courtillot1.jpg" alt="" class="CtreTexte" /><br />Vincent Courtillot et al. montrent par ailleurs que l&rsquo;on trouve de bonnes corr&eacute;lations &agrave; d&rsquo;autres &eacute;chelles de temps (en Europe occidentale sur les 1000 derni&egrave;res ann&eacute;es, en M&eacute;sopotamie sur les 4000 derni&egrave;res ann&eacute;es), m&ecirc;me s&rsquo;il manque encore des banques de donn&eacute;es globales du g&eacute;omagn&eacute;tisme pour aller au-del&agrave; de telles observations locales. Mais ces travaux suscitent d&eacute;sormais le plus grand int&eacute;r&ecirc;t et c&rsquo;est une nouvelle r&eacute;jouissante. Apr&egrave;s 40 ans d&rsquo;une domination arrogante, le carbocentrisme est en passe de montrer ses limites : on ne progresse plus gu&egrave;re depuis 10 ans dans la r&eacute;duction des fourchettes de sensibilit&eacute; au CO2, lesquelles ont de toute fa&ccedil;on &agrave; peine vari&eacute; depuis les premiers mod&egrave;les rudimentaires &agrave; 1 dimension. Du point de vue &eacute;pist&eacute;mologique, on pourrait dire que le paradigme carbonique entre en crise : il ne propose aucune autre perspective de progr&egrave;s que des micro-sophistications marginales de ses mod&egrave;les, dont l'effet est g&eacute;n&eacute;ralement d'accro&icirc;tre les incertitudes pr&eacute;dictives au lieu de les restreindre. <br /><br />Le temps est donc venu de se pencher sur les d&eacute;terminants bien moins connus, mais peut-&ecirc;tre bien plus efficaces, du climat terrestre. Laissons donc les adeptes de la comptabilit&eacute; carbonique &eacute;grener une &agrave; une les quelques parties par million de CO2 atmosph&eacute;rique. Et tournons les yeux vers les &eacute;toiles&hellip;<br /><br /><span style="font-weight: bold;">R&eacute;f&eacute;rences</span><br />Courtillot V. et al. (2007), Are there connections bewteen the Earth&rsquo;s magnetic field and climate ?, Earth Planetary Sci Lett, 253, 328-339.<br />Le Mou&euml;l J.L. et al. (2005), On long-term variations of simple geomagnetic indices and slow changes in magnetospheric currents: The emergence of anthropogenic global warming after 1990?, Earth Planetary Sci Lett, 232, 273-286.<br />]]></description>
        <pubDate>Tue, 30 Oct 2007 10:27:11 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ffa2f5c5defe1e53939375ef626f374c</guid>
                <category>Soleil et rayonnement</category>        <comments>http://climat-sceptique.over-blog.com/article-7217663-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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