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Climat Sceptique est le seul site francophone présentant toutes les données scientifiques du débat climatique. Faites-le connaître autour de vous !

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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Une fois n’est pas coutume, on se livrera ici à un petit calcul de coin de table : comment le climat a-t-il réagi au forçage anthropique après deux siècles de révolution industrielle et de croissance démographique ? Que prévoient les modèles de leur côté ? La comparaison est-elle de nature à miner le scepticisme ?

Pour éviter toute polémique inutile et pour simplifier l’exposé, prenons les « meilleurs estimations » de l’AR4 2007 du GIEC, en ignorant les incertitudes attachées à chacune de ces valeurs.

L’ensemble des forçages anthropiques positifs de l’ère moderne s’élève en 2005 à 3,17 W/m2, ce qui représente déjà 85 % du forçage d’un doublement CO2 (3,7 W/m2). La hausse des températures de surface entre 1850-1899 et 2001-2005 est de 0,76 °C.

Il se trouve que le GIEC a publié les estimations de la « réponse climatique transitoire » à un doublement CO2 des modèles. Il s’agit de l’évolution immédiate des températures de surface, sans que l’ensemble des rétroactions aient joué jusqu’à retrouver l’équilibre (et sans effet retardé de l’inertie thermique des océans). Voici la liste de ces estimations par modèles pour un doublement CO2 et, en approximation linéaire (pas trop grave en transitoire), pour 85 % d’un doublement CO2, c’est-à-dire le forçage de 3,17 W/m2 que le climat a déjà enregistré selon le GIEC.


On constate que tous les modèles AR4 sont largement au-dessus de la valeur de 0,76 °C pour 85 % d’un doublement CO2, près de la moitié d’entre eux exagérant d’un facteur 2, voire 3 cette valeur.

Il faut se rendre à l’évidence : à 85 % d’un doublement CO2, la réponse réelle du climat reste très modeste, bien plus modeste que la prévision des modèles utilisés par le GIEC.

Mais alors, pourquoi les modèles surestiment tant la sensibilité transitoire du climat aux forçages anthropiques ? La réponse est connue : les forçages négatifs de l’humanité masqueraient le réchauffement. Il s’agit en l’occurrence des effets directs et indirects des aérosols anthropiques. Sans les aérosols, le climat réagirait comme le prévoient les modèles. Ce point appelle plusieurs commentaires.

- Les aérosols sont actuellement le poste du bilan radiatif ayant le plus faible « niveau de compréhension scientifique ». Non seulement on estime mal leurs émissions globales, mais on connaît mal leur microphysique et leurs effets réels. Donc, les modélisateurs nous demandent de les croire quand ils trouvent une sensibilité forte tout en reconnaissant que l’élément-clef de cette croyance est aussi le moins bien connu. Premier motif de scepticisme.

- Concernant l’estimation du forçage négatif des aérosols, la tendance est à la baisse depuis une dizaine d’années, qu’il s’agisse de leurs effets directs ou indirects. Plus on progresse, moins il semble que ces aérosols ont d’effet important. Par ailleurs, suite aux mesures anti-pollution ou à la disparition du bloc de l’Est, la tendance des émissions d’aérosols est en baisse depuis les années 1985-1990 en Amérique, en Europe, en Russie et au Japon (mais en hausse en Asie). Cela signifie que les 0,76 °C pour 1850-2005 incluent déjà en bonne part le « non-masquage » du réchauffement par les aérosols, car leur durée de vie atmosphérique est courte. Deuxième motif de scepticisme.

- Les 0,76 °C de hausse des températures de surface 1850-2005 ne sont pas entièrement attribuables aux forçages anthropiques du bilan radiatif, tant s’en faut. Bien que la dernière estimation du GIEC pour le forçage solaire soit très faible (0,12 W/m2), la plupart des comparaisons d'ensemble de modèles montrent que le facteur solaire a joué dans la hausse 1850-1950, et plusieurs travaux récents ont conclu qu’il représente encore 10 à 30 % de la hausse 1970-2000. L’irradiance totale seule (les 0,12 W/m2) ne semble pas expliquer cette signature, et les chercheurs se penchent aujourd'hui sur des effets indirects du soleil (soit les UV et XUV à travers le couplage stratosphère-troposphère, soit le couplage avec le rayonnement cosmique et l’effet sur la nébulosité). Au soleil s’ajoutent la variabilité intrinsèque du climat, toujours très mal contrainte par la modélisation numérique, et le biais des enregistrements de surface (presque toutes les stations terrestres ont connu des modifications importantes de leur environnement au cours du XXe siècle). Cela signifie que la hausse des températures de surface spécifiquement attribuable au forçage radiatif anthropique est sans doute inférieure à 0,76 °C. Troisième motif de scepticisme.

En conclusion, les données d’observation montrent que les températures de surface sont assez peu sensibles aux forçages anthropiques et que le réchauffement moderne se situe pour le moment bien en deçà des estimations de tous les modèles. La charge de la preuve est donc inversée : s’ils veulent rendre crédibles leurs projections alarmistes, voire catastrophiques, les modélisateurs doivent nous présenter autre chose que des bricolages paramétrisés sur la variable d’ajustement des aérosols. Et cette exigence sera d’autant plus forte que le climat ne suit pas leurs projections, ce qui est le cas depuis six ans déjà avec une stagnation manifeste des températures de surface et de basse troposphère, malgré la supposée « hausse sans précédent des émissions de carbone » et « accélération alarmante du réchauffement ».

Il serait temps de sortir de l’autisme des slogans médiatiquement amplifiés à destination de foules apeurées et de décideurs pressés. Les questions posées par les sceptiques attendent toujours des réponses convaincantes.
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